Mercredi 23 janvier 2019

Trois jours pour être vu

Portes ouvertes au Quartier Drouot à Paris

Le Journal des Arts

Le 12 septembre 2003 - 658 mots

La sixième édition des Trois Jours du Quartier Drouot se déroulera les 25, 26 et 27 septembre. Les quatre-vingts adhérents de l’association se sont réunis cette année sous le signe du Temps pour mettre en avant leur secteur, place forte et atypique du marché de l’art français.

PARIS - Bâtiment emblématique, l’hôtel des ventes de la rue Drouot est le centre vital d’un quartier que peuplent de nombreux acteurs du marché de l’art : marchands, galeristes, antiquaires, mais aussi commissaires-priseurs, experts, courtiers… Environ mille emplois y sont liés à ce secteur. Né en 1997, au moment où le devenir des commissaires-priseurs était incertain, l’association Quartier Drouot regroupe aujourd’hui plus de quatre-vingts membres issus de différents corps de métier.
Depuis 1998, les Trois Jours du Quartier Drouot invitent amateurs et curieux à venir découvrir ce bastion historique du commerce de l’art. “Cet événement a toujours bien fonctionné, explique Jean-François Chabolle, antiquaire et président de l’association Quartier Drouot. Depuis quelques années, un autre temps fort s’esquisse au printemps car la plupart des marchands organisent, en marge du Salon du dessin, des expositions d’arts graphiques. Il est possible que l’édition 2004 du Salon ait lieu à la Bourse ; le Quartier Drouot pourrait alors devenir un lieu privilégié pour le marché des tableaux et des dessins.” La nouvelle équipe du bureau de l’association a entamé il y a quelques mois une réflexion sur l’identité du quartier en comparaison avec d’autres places fortes du marché comme les Puces ou le Faubourg-Saint-Honoré. “Nous travaillons pour des clients particuliers : ils vont à Drouot régulièrement, sont très connaisseurs et n’ont pas besoin de décorum. Ils ont généralement un esprit de chineur et une véritable volonté de découverte. Ils s’intéressent aux objets en l’état et connaissent parfois leurs domaines de prédilection presque aussi bien que nous”, déclare Jean-François Chabolle. Beaucoup de marchands français et étrangers viennent également se fournir dans ce quartier dont la richesse se fonde sur la mixité entre ventes publiques et commerces privés : “Depuis la réforme, les commissaires-priseurs se rapprochent d’un statut de droit commercial, et leurs intérêts pourraient converger avec ceux des marchands. Ce quartier me semble être un laboratoire du développement futur du marché de l’art.”

Un prix pour l’objet le plus surprenant
Les Trois Jours du Quartier Drouot apparaissent plus volontiers comme des Portes ouvertes que comme un salon de plein air. “Le Temps” préside cette sixième édition, pour la première fois envisagée de manière thématique. Une exposition de pièces d’horlogerie, prêtées entre autres par le Musée Carnavalet, se tiendra en même temps à la mairie du 9e  arrondissement. Dans la station de métro Richelieu-Drouot, un ensemble de photographies d’Anne Settimeli intitulé “Les Paris de Drouot” montrera les coulisses du quartier. Le premier soir, un jury composé d’une dizaine de personnalités, dont notamment Pierre Rosenberg et Arielle Dombasle, décernera le Prix de la curiosité à l’objet le plus marquant et surprenant lié au thème de la manifestation.
Les marchands du quartier présenteront à cette occasion leurs plus belles pièces. La galerie Frederick Chanoit inaugurera son exposition d’automne avec un tableau de Spoede, Nymphe et Satyre – proche du Jupiter et Antiope de Watteau –, un Portrait de Louis XV en habit de novice de l’ordre du Saint-Esprit, de Jean-Baptiste van Loo, et une copie du Saint Georges combattant le dragon de Carpaccio par Delaunay. Alexis Bordes s’associera le temps d’une exposition avec le marchand Daniel Greiner pour une sélection d’une trentaine d’œuvres dont une Étude d’homme à la sanguine de Carle van Loo et une aquarelle gouachée d’Heibulth, Femme allongée. Marion Chauvy exposera un tableau de Marquet, Davos, hiver 36, la présentation de la galerie AB comprendra une gouache de Félicien Rops, L’Idole, et la galerie Julie Maillard proposera un ensemble d’estampes liées au thème du Temps comprenant des almanachs, des vanités et des allégories des saisons. Un programme alléchant...

LES TROIS JOURS DU QUARTIER DROUOT, 25, 26 et 27 septembre, Paris, tél. 01 47 70 41 73, www.quartier-drouot.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°176 du 12 septembre 2003, avec le titre suivant : Trois jours pour être vu

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