Dimanche 18 février 2018

Surprise à l’Armory

L’Impressionnisme s’impose à l’International Art Fair

Le Journal des Arts

Le 18 mars 2010

Dès sa seconde édition, l’International Art Fair organisée par Brian et Anna Haughton a suscité certaines tensions, inévitables pour une manifestation prometteuse. Ainsi, plusieurs marchands de tableaux anciens s’avouent déçus qu’une foire qui leur était à l’origine destinée ait surtout profité aux marchands de tableaux impressionnistes.

NEW YORK (de notre correspondant) - Nombre d’œuvres proposées lors de cette deuxième International Art Fair, qui s’est tenue à l’Armory du 11 au 16 mai, étaient déjà là l’an passé, plusieurs stands se présentant de manière pratiquement identique. Bien qu’en petit nombre, les toiles impressionnistes étaient de meilleure qualité que celles mises en vente par Sotheby’s et Christie’s la semaine précédente.

On pouvait admirer une Nature morte aux coquelicots et bleuets de Van Gogh, chez Lefèvre, un groupe de Danseuses de Degas, chez Thomas Gibson, et un superbe ensemble à la galerie Schmit : des portraits par Delacroix et Courbet, dont un portrait de jeunesse du père de l’artiste, ainsi qu’un Petit bras de Seine à Argenteuil par Caillebotte et une Nature morte aux fleurs de Fantin-Latour.

Comme toujours, les dessins ont remporté un franc succès : Jasper Johns a acheté un dessin de mains de Passerotti chez David Jones et, dès le samedi matin, Neil Fiertag avait vendu huit feuilles. W. M. Brady, David & Constance Yates, Hazlitts et Bruno de Bayser ont également déclaré avoir fait de bonnes affaires. Le Metropolitan Museum, par exemple, a acquis dès le premier soir, auprès de la galerie de Bayser, une Femme retirant un caillou de sa chaussure, de Bonnard.

Peu de ventes de maîtres anciens
Quelques maîtres anciens ont trouvé acquéreur à la fin de la foire : un somptueux Vénus et Cupidon a été acheté à Bob Haboldt par "un important collectionneur new-yorkais" (Saul Steinberg) pour 950 000 dollars (4,75 millions de francs), Pomone d’Abraham Blomaert a été cédé par Jack Kilgore, et Maurice Segoura a vendu un portrait par Nattier, ainsi que deux scènes de genre par Marguerite Gérard et une marine de Vernet.

Mais ces ventes restent tout de même l’exception. Plusieurs marchands ont souligné qu’étant donné les prix de location, les Haughton auraient pu renforcer la publicité. "Aux États-Unis, au printemps, il y a une foire ou un salon d’art ancien pratiquement toutes les semaines, expliquait Peter Mitchell, un marchand d’art ancien londonien, les gens sont blasés. Or, bien que la présente foire soit d’un tout autre ordre, le message ne passe pas.

On devrait faire des mois à l’avance une publicité importante." Il suggère également que le catalogue soit disponible avant l’ouverture, pour que les clients puissent se rendre compte de l’offre, tout comme dans une vente aux enchères. Plusieurs marchands estiment que la foire devrait se poursuivre après les ventes d’art ancien de Sotheby’s et Christie’s, pour permettre aux vendeurs de recevoir la visite des enchérisseurs déçus.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°16 du 1 juillet 1995, avec le titre suivant : Surprise à l’Armory

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