Stéphane Belzère, le goût du motif

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 mars 2005 - 236 mots

Après avoir passé des années à peindre les bocaux anatomiques des collections du Musée national d’histoire naturelle, Stéphane Belzère s’est mis à collectionner des bocaux alimentaires. Saucisses, cornichons, fruits, il les a « portraiturés » en nombre, petits formats totalement saturés de nourriture, à l’aspect déformé par le liquide de conservation. Un peu obsessionnel, Belzère s’est mis à collecter des flacons de détergents et de produits pour le corps, fasciné par leur forme, mais surtout leur transparence, leur translucidité et leur coloris. Sagement rangées sur des rayonnages de bois, ces dizaines de bouteilles débarrassées de leurs étiquettes et éclairées en contre-jour constituent ce que l’artiste appelle un Vitrail chimique, pièce centrale de cette vaste monographie. Le peintre est prolifique comme en témoigne la série des Reflets nocturnes aujourd’hui constituée d’environ cent cinquante petits formats reprenant chacun la silhouette parfois dédoublée d’un homme derrière une vitre. Stéphane Belzère se peint ainsi à chaque fois qu’il séjourne dans son atelier berlinois, une présence plus qu’un autoportrait, étrange et angoissante par ce corps décharné se dessinant au milieu des ombres. Le contraste est alors saisissant avec les Tableaux longs d’une envergure imposante (3,70 mètres), entre aurore boréale ou pure abstraction, qui mélangent vert, jaune, blanc et bleu. Une halte radieuse dans ce parcours coloriste sérieux.

« Stéphane Belzère, peintures et vitrail chimique », PARIS, galerie RX, 6 avenue Delcassé, VIIIe, tél. 01 45 63 18 78, www.galerierx.com, 1er mars-16 avril.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°567 du 1 mars 2005, avec le titre suivant : Stéphane Belzère, le goût du motif

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