Italie

Sortir du carcan régional

\"L’année de la reprise\" devrait succéder à\"l’année de l’après-crise\"

Le Journal des Arts

Le 1 février 1995

En Italie, l’année passée a été marquée par une grande instabilité dans tous les domaines, mais les résultats du marché de l’art sont encourageants. Les antiquaires ont su répondre à la demande et aux goûts des visiteurs dont le nombre a été en constante augmentation tout au long de l’année. Après les expériences concluantes de 1994, deux nouvelles foires – Artissima, à Turin, pour l’art contemporain et la foire de Gotha, à Parme, pour l’art ancien – seront reconduites cette année.

TURIN - Entre une profonde crise des institutions et l’effondrement de la Bourse, le marché de l’art a su dominer une situation difficile et n’a pas subi le contrecoup des"affaires" annoncées chaque jour par la presse et la télévision.

En 1994, les marchands se sont montrés rassurés et rassurants tout au long de l’année, de la dernière édition de l’Artefiera de Bologne (du 28 au 31 janvier ) à la foire de Gotha (du 3 au 11 décembre) – la nouvelle foire-marché d’antiquités de Parme qui sera reconduite, forte de son succès, en décembre 1995. Selon eux,"la crise est finie, le marché est plus sain et les affaires vont mieux".

L’année passée a vu se multiplier les foires d’antiquités et les foires-marchés de plein air – l’Italie en compte aujourd’hui environ cent vingt-cinq. Même si le chiffre d’affaires n’est pas exceptionnel, on a enregistré une certaine euphorie. Pour retrouver les faveurs du public, certains organisateurs ont privilégié la"scénographie", comme à la nouvelle foire de Gotha, où le décorateur Pier Luigi Pizzi avait disposé des stands à l’intérieur d’une architecture éphémère, reproduisant le théâtre Farnèse. Les choix des visiteurs se sont plutôt portés sur les petits objets"curieux" et de décoration. Le beau mobilier et l’argenterie de collection ne sont que très rarement présentés dans les foires, où ils se vendent difficilement.

Défendre son pré carré
Afin de se différencier, chaque foire d’antiquités tente de renforcer son image de marque, accentuant en particulier l’appartenance régionale. Les marchands italiens défendent jalousement leur pré carré : Rome veut rester le domaine des antiquaires romains, Florence celui des florentins, et Naples des napolitains. Dans ce contexte, la création d’une"Foire italienne", où se regrouperait la communauté très dispersée des marchands, semble irréalisable.

Pour 1995, le choix des foires d’art et d’antiquités est vaste. La foire de Bologne (art moderne et contemporain) a ouvert le feu dans le cadre d’Artefiera qui vient de s’achever. C’est bientôt au tour d’Arte Antica d’ouvrir ses portes, au Lingotto de Turin (du 24 février au 5 mars). Ce sera la seconde édition d’une biennale qui s’est immédiatement imposée comme l’un des nouveaux pôles du marché international des antiquités – à l’instar de Milan, où se tiendra, du 1er au 8 avril, l’Inter­nazionale, devenue annuelle après plusieurs éditions bisannuelles en alternance avec la foire de Florence. Celle-ci est toujours programmée pour septembre-octobre, mais sans doute ailleurs qu’au palazzo Strozzi, actuellement en restauration.

À Florence encore, l’exposition nationale d’art contemporain,"La plus belle galerie d’Italie", se tiendra au mois d’avril à la Fortezza da Basso. Le même mois, Bari accueillera Expoarte, une exposition-vente internationale d’art contemporain, née en 1976 et ressuscitée il y a deux ans, après une interruption de quatre années. Enfin, la nouvelle foire  internationale d’art contemporain, Artissima, au Lingotto de Turin, aura lieu de la fin septembre au début d’octobre, après le franc succès remporté en 1994.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°11 du 1 février 1995, avec le titre suivant : Sortir du carcan régional

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