Dimanche 8 décembre 2019

Satellites - L’offre du off !

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 11 octobre 2011 - 903 mots

Pas de grande foire d’art contemporain sans ses dissidents. La Fiac, « foire sélective », n’en compte pas moins de cinq dont les positionnements sont aussi variés que disséminés dans Paris…

SLICK
Cette foire qui existe depuis 2006 prend désormais ses quartiers sur le parvis du Palais de Tokyo pour accueillir une quarantaine de galeries. Sélectionnées par Laurent Boudier, critique d’art et collaborateur régulier de Télérama, 67 % d’entre elles viennent pour la première fois à Slick et certaines ont moins d’un an d’existence. Et parce qu’une sélection de galeries aussi pointue soit-elle ne suffit plus pour attirer le chaland, c’est une exposition composée à partir des fonds de l’International Association of Corporate Collections of Contemporary Art (dont font partie la Société générale, HSBC, Neuflize Vie, ING Belgium) qui constitue le point d’orgue événementiel.
Du 20 au 23 octobre. Esplanade du Palais de Tokyo et du Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Avenue du Président-Wilson. Tarifs : 7 et 10 €. 50 exposants. www.slick-paris.com 

SHOW OFF
Renouant avec le site du port des Champs-Élysées sous le pont Alexandre III, au pied du Grand Palais, mais en plus grand avec cette année 1 800 m2 d’exposition, Show Off met en avant une section galerie de moins de trois ans (avec les françaises Russia Tearoom, Numéro 6, Dix9, Artenact et Olivier Habib Artis You) et confirme son parti pris radical : une galerie et un artiste pas plus, ou comment retrouver une lisibilité dans cette jungle des foires off. Simple. Et efficace ? Verdict à la fin d’une semaine épuisante !
Du 20 au 23 octobre. Port des Champs-Élysées. Tarifs : 10€. www.showoffparis.fr

ART ELYSEES
Cinquième année à prendre d’assaut les mythiques Champs-Élysées pour Art Élysées et l’heure de confirmer le positionnement de cette foire dans le domaine de l’art moderne et de l’art contemporain dits « classiques ». Avec une soixantaine d’exposants, la foire affirme une réalité bien tangible du marché de l’art, celle d’un plébiscite des collectionneurs pour d’autres tendances (38 000 visiteurs tout de même l’an dernier). Et, comme chaque année, un invité spécial est à l’honneur. Il s’agit du Musée Maillol qui y présentera une extension de son exposition événement, « Pompéi  ». Les mystères de l’Antiquité serviront aux destinées du contemporain.
Du 20 au 24 octobre. Avenue des Champs-Élysées. Tarif : 15 €. 58 exposants. www.artelysees.fr

CUTLOG
Lancée il y a trois ans, la plus confidentielle des foires off réinvestit la Bourse du commerce avec une quarantaine d’exposants. Elle s’est opportunément associée à la chaîne culturelle Arte qui y remettra le prix Arte/Cutlog pour récompenser un artiste exposé dans la foire. Difficile cependant d’annoncer les galeries, car le secret est bien gardé. Vu le nombre de recalés parisiens à la Fiac, on devrait retrouver certains habitués de la cour Carrée, abandonnée cette année, dans les allées de celle-ci.
Du 20 au 23 octobre. Bourse du commerce, 2 rue de Viarmes, Paris-1er. Tarifs : 5 et 10 €. 30 à 40 exposants. www.cutlog.org

CHIC ART FAIR
Seconde édition pour la toute jeune foire installée sur 3 400 m2 à la Cité de la mode et du design. Bien décidée à se démarquer, la foire opte pour quatre sections dévolues à l’art contemporain (30 galeries sélectionnées par Éric Corne, ancien directeur du Plateau à Paris), la photographie (15 galeries), les éditions et multiples, enfin, le design d’innovation (15 galeries). C’est sans compter le street art, des projets de navettes fluviales, un parcours concocté par les architectes des lieux Jakob MacFarlane, le prix Chic Photo et le prix Gustave Courbet décernés pour la première fois. Pas une minute de répit dans cette foire boulimique d’idées.
Du 21 au 24 octobre. Cité de la mode et du design. 34, quai d’Austerlitz. Tarifs : 10 et 7 €. www.chic-today.comg



LES COUPS DE COEUR DE LA FIAC HORS LES MURS DE...

Bénédicte Ramade : Mark Dion au Jardin des plantes. En investissant le Jardin des Plantes, la grande galerie, la ménagerie et les grandes serres du Muséum d’histoire naturelle, la Fiac ouvre avec délectation une thématique naturaliste et environnementaliste dont Dion est le meilleur ambassadeur. Ce spécialiste de la nature prendra ses quartiers dans ces vénérables lieux avec entre autres un de ses emblèmes : Iceberg and Palm Trees (2007), version personnelle de la théorie de l’évolution darwinienne.

Philippe Piguet : Vincent Mauger au Jardin des Tuileries et au Jardin des Plantes. Avec leurs formes aux allures de fleurs tout juste épanouies et leurs titres à l’énoncé mathématique, les sculptures que Mauger présente dans ces jardins nourrissent d’une sève neuve le vieux débat nature/culture. Entre prouesse technologique et vision poétique, l’artiste développe un art improbable qui renvoie le regard à sa propre réflexion, en l’interrogeant sur la question du modèle et de la modélisation. Non sans un humour un brin ludique.

Pierre Morio : Cinéphémère aux Tuileries. La programmation Cinéphémère plante son container pour la seconde année. Parmi les 32 films et vidéos présentés, on retrouve les explorations architecturales de Louidgi Beltrame, avec Energodar, et l’on s’arrêtera sur Last men d’Adam Shecter, hallucinant pastiche de films de science-fiction. Mais ce menu comporte d’autres surprises.

Fabien Simode : Dan Graham à l'Auditorium du Louvre. Coup de cœur pour Dan Graham, maître du conceptualisme américain, qui vient en personne rejouer le 22 octobre à 16 h l’une de ses premières performances de 1969, Lax/Relax. Dédiée à Dean Martin qui n’était pas assez « relax » à l’époque, la performance se transforme alors en quasi-séance d’hypnose.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°640 du 1 novembre 2011, avec le titre suivant : Satellites - L’offre du off !

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