Ventes publiques

Trois questions à

Robert Brooks, président-directeur général du groupe Bonhams

« Bonhams connaît un développement considérable »

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 17 février 2006 - 680 mots

Quelle place mondiale occupe Bonhams dans le marché des ventes publiques ?
La société Bonhams, fondée en 1793, est l’une des plus anciennes maisons de ventes au monde (1). Depuis trois ans, nous avons connu un développement considérable qui nous propulse aujourd’hui comme acteur majeur sur la scène internationale du marché de l’art. En novembre 2001, nous avons fusionné avec la société londonienne Phillips Son and Neale UK, sous le nom de « Bonhams ». En août 2002, nous avons acheté Butterfields, la principale maison de ventes de la Côte ouest américaine. Un an plus tard, l’Australien Goodmans, et ses salles de vente à Sydney, a rejoint le groupe Bonhams. Actuellement, nous sommes présents dans vingt pays et nous offrons 700 ventes par an (soit plus que nos concurrents). Nous possédons deux salles des ventes importantes à Londres, dix autres à travers l’Angleterre. Des ventes ont également lieu à San Francisco, Los Angeles, New York et Boston aux États-Unis, ainsi qu’en Suisse, à Monaco et en Australie. Avec 400 millions de dollars (334 millions d’euros) de chiffre d’affaires en 2004 (2), Bonhams se positionne à présent à la troisième place des maisons de ventes internationales. Nous sommes aussi très fiers car c’est le seul auctioneer qui reste encore sous une gestion et direction anglaise.
Concernant nos plus récents développements pour l’année 2005, il est à noter que la présence de Bonhams à New York et la tenue l’an dernier des premières ventes dans cette ville a contribué à nos bons résultats aux États-Unis pour 2005. L’année passée, nous avons par ailleurs racheté deux maisons de ventes en Australie – James Bruce à Adelaide et Stanley & Co à Sydney. Enfin, nous nous réjouissons de notre vente d’art russe inaugurale qui s’est déroulée à Londres le 28 novembre et pour laquelle nous avons atteint le très respectable résultat de 1,9 million de livres (2,7 millions d’euros).
Bonhams est leader ou particulièrement compétitif dans de nombreux secteurs tels que les véhicules de collection, les bijoux, l’art asiatique, la céramique moderne, la céramique anglaise et européenne, les armes et souvenirs historiques, les portraits miniatures, les instruments de musique, les ventes de sport ou de marines ainsi qu’un certain nombre de collectibles comprenant des souvenirs rock et pop, des memorabilia ou encore des lots d’histoire naturelle.

Quels sont vos derniers coups de cœur artistiques ?
J’ai un intérêt particulier pour l’Histoire anglaise. L’an dernier, pendant les quelques mois précédents la fameuse vente « Nelson et la Royal Navy (1750-1815) », j’avais fait accrocher dans mon bureau une incroyable scène de bataille de Trafalgar peinte par John Stephen Dews. Elle a été adjugée le 5 juillet 2005 pour le prix record de 95 200 livres (139 000 euros). Mais j’aime par-dessus tout l’art topographique canadien. Ma passion pour ce domaine m’a poussé a acheté un spectaculaire et atmosphérique tableau de Robert Pilot montrant le fleuve Saint-Laurent.

Quels sont vos projets pour 2006 ?
Notre but pour 2006 est de continuer à accroître notre chiffre d’affaires en Europe et aux États-Unis, mais aussi en Asie et en Australie, en offrant le meilleur service qu’il soit possible de donner à notre clientèle. L’ouverture d’un bureau à Paris en juin 2005, au 72, rue du Faubourg-Saint-Honoré, va dans le sens du renforcement de notre présence sur le marché européen. Nous n’entendons pas vendre tout de suite à Paris, mais nous y pensons pour le futur…
Et je suis ravi de vous annoncer la dispersion le 28 mars à Londres d’un extraordinaire manuscrit rédigé par le scientifique Robert Hooke et qui fut découvert dans le placard d’une maison en Angleterre à l’occasion d’un inventaire. L’œuvre, qui couvre un vaste champ d’idées expérimentales, y compris des échanges entre Hooke et Newton sur le mouvement des planètes et la gravitation, a été estimée un million de livres (1,4 million d’euros).

(1) En septembre 2000, l’Anglais Robert Brooks et son partenaire financier, l’homme d’affaires Evert Louwman, ont acheté l’auctioneer Bonhams qui, rebaptisé « Bonhams & Brooks », devient alors la 4e maison de ventes internationale.
(2) Chiffre non communiqué pour l’année 2005.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°231 du 17 février 2006, avec le titre suivant : Robert Brooks, président-directeur général du groupe Bonhams

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