Dimanche 25 février 2018

Tour et Taxis

Prometteur

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 27 juillet 2007

La tempête a eu raison du commerce sur la foire bruxelloise.

BRUXELLES - L’amélioration constante de la Foire des antiquaires de Belgique prouve, s’il est besoin, que le travail paye. Le travail, pour un organisateur de salon, c’est le toilettage de sa liste d’exposants, l’affinage des prestations et la mise en place d’une ambiance chaleureuse. Mission accomplie à tous les niveaux, malgré quelques pièces d’un intérêt strictement local. Le sursaut qualitatif du salon ne le hisse pas encore au standard de la référence Tefaf Maastricht, mais en fait un sérieux concurrent pour le Salon du Collectionneur, à Paris, lequel peine à fédérer les marchands.
À Bruxelles, du 19 au 28 janvier, l’évolution a aussi bien été visible dans la coloration générale de la foire qu’à l’échelle de chaque marchand. Qui dit évolution suppose optimisation, mais surtout nouvelles tactiques. Ce virage a été notable sur le stand de Christian Deydier (Paris). Celui-ci a étendu son périmètre des bronzes archaïques chinois à l’Inde et au Vietnam. Il présentait ainsi pour 800 000 euros une très belle sculpture Chola du XIIIe siècle représentant Sambandar. Le marchand a aussi révisé sa stratégie en proposant davantage d’objets que l’an dernier entre 5 000 et 30 000 euros. Changement aussi du côté de Zen (Bruxelles) avec une combinaison inédite entre l’art chinois classique et des bronzes contemporains de Zhu Wei, à mi-chemin entre Botero et Di Rosa ! La mutation s’est révélée criante chez Jean-Claude Vrain (Paris). Au cortège habituel de livres rares, le libraire a surtout privilégié des dessins de Félicien Rops et une peinture de Metzinger, aussitôt cédée à un Allemand. Flore (Bruxelles-Paris) a confirmé pour sa part un cap déjà entamé depuis plusieurs années avec un stand très étudié mariant une encoignure provenant du Château de Bellevue à une peinture de Calder de 1970. On peinait en revanche à reconnaître le talent du spécialiste en art primitif Alain de Monbrison (Paris), dont l’accrochage paresseux tranchait avec son potentiel.

Un vernissage interrompu
Malgré une bonne dynamique ambiante, le commerce n’a pas été à la hauteur des espérances, sauf pour les exposants belges. Le galeriste Ronny Van de Velde (Berchem, en Belgique) a fait florès dès le montage avec son aréopage éclectique de symbolistes, Dubuffet, Servranckx et autres Oxydation Painting de Warhol. Attirés par ses tarifs bon marché, de nombreux professionnels parisiens ont fait une vraie razzia sur son stand. La tempête, qui a forcé les organisateurs à évacuer la foire lors du vernissage où étaient conviées 4 000 personnes, a toutefois coupé la chique à la majorité des marchands français. « Tout semblait pourtant bien parti, il y avait au début une énergie extraordinaire. Cela aurait pu être fantastique, c’est juste bien », regrette le marchand Bernard Dulon (Paris). Ce dernier n’a pas pu conclure les négociations entamées la veille du vernissage avec des clients étrangers pour deux importantes pièces Bakongo. Malgré ce couac météorologique, le marchand Antoine Laurentin (Paris) rend grâce à la bonhomie des organisateurs, lesquels ont remboursé 500 euros à chaque exposant. Un fair-play dont beaucoup de salons parisiens feraient bien de s’inspirer.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°252 du 2 février 2007, avec le titre suivant : Prometteur

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