Pierres sculptées du Guerrero

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 1 novembre 2005 - 247 mots

L’art de la Méso-Amérique recèle encore de nombreux mystères. Ainsi en est-il des statuettes anthropomorphes sculptées de l’État du Guerrero au Mexique. Dans cette région longeant le Pacifique, entre 350 et 100 avant J.-C., s’est développé l’art des cultures Mezcala et Chontal : des figurines de pierre aux formes géométriques très stylisées, d’un modernisme tellement frappant qu’elles avaient séduit il y a plus d’un demi-siècle les artistes André Breton, Paul Eluard ou Diego Rivera. Au départ, ces objets sont des haches qui ont pris peu à peu figure humaine (tout en gardant encore la trace de leur origine fonctionnelle) et acquis ainsi une dimension magique de protection. L’exposition de la galerie Mermoz en réunit une soixantaine. Plus étonnant encore, la saisissante proximité de certaines œuvres avec celles de l’art des Cyclades (en mer Égée), similaires par la pureté des lignes bien que produites à plusieurs siècles et à plusieurs milliers de kilomètres de distance. Quelques autres modèles de personnages à la bouche large et ouverte, au nez à l’arête saillante, les yeux creusés en amande, les arcades sourcilières proéminentes et le front fuyant ne sont pas sans rappeler la statuaire de l’île de Pâques. Très prisées des amateurs d’art moderne pour leur stylisation extrême tendant vers l’abstraction, ces figures Mezcala et Chontal valent une petite fortune, entre 3 000 et 68 000 euros pièce.

L’art précolombien du Guerrero, pièces choisies des cultures Mezcala et Chontal », PARIS, galerie Mermoz, 12 rue des Beaux-Arts, VIe, tél. 01 40 46 82 40, jusqu’au 26 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°574 du 1 novembre 2005, avec le titre suivant : Pierres sculptées du Guerrero

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque