Pierre Huber veut se retirer de ShContemporary

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 16 janvier 2008

Dans l’affaire l’opposant au marchand genevois Pierre Huber (galerie Art & Public), son confrère parisien Enrico Navarra lui reproche d’avoir profité de l’organisation de la foire ShContemporary (Shanghaï), dont Bologna Fiere est actionnaire, pour faire son propre business.

Dans les différents courriers adressés dès le 27 septembre aux dirigeants de Bologna Fiere et de sa société de services, Fairsystem International, ainsi que dans un courrier récapitulatif en date du 12 décembre, Navarra avait égrené quelques points qui, selon le marchand, relevaient du conflit d’intérêts. Celui-ci soulignait notamment que les sections « Best of Artists » et « Best of Discovery », orchestrées par Pierre Huber, représentaient plus de 25 % des espaces d’exposition de la foire, et 36 pages leur étaient consacrées dans le catalogue contre 124 pour la section « Best of Galleries ». Or certains artistes figurant dans ces sections avaient été préalablement exposés par la galerie Art & Public. Les dirigeants de Bologna Fiere n’ont pas réagi officiellement aux différentes missives du marchand parisien. « Je ne veux pas me mêler à une bagarre opposant deux marchands, et non plus que la foire soit instrumentalisée, nous a déclaré Lorenzo Rudolf, co-organisateur de ShContemporary. Il est clair qu’une foire doit avoir une position neutre, mais je n’ai pas de preuves sur la non-neutralité de Pierre. Personne n’a jamais parlé de le jeter dehors. » Pierre Huber, qui a par ailleurs été exclu cette année de la Foire de Bâle, nous a confié pour sa part : « J’ai l’intention dans le futur d’être mon propre patron. Mon objectif est de vendre mes parts et créer mon propre projet en Asie, sans doute une foire, une continuité de “Best of Artists”, peut-être à Pékin. J’attends des propositions de la part de Bologne pour voir comment je me retire. » Des propos qui semblent étonner Lorenzo Rudolf. « La société n’existe pas encore, elle est en constitution et, de fait, il n’y a pas encore d’actions à vendre. Il n’y a pas seulement une base légale, mais une question de sérieux et de loyauté au contrat que nous avons signé avec Bologne voilà un an et demi, déclare-t-il. Moi aussi j’ai eu des offres séduisantes, mais je tiens parole. Si j’en décidais autrement, je sais que mes partenaires mèneraient des actions contre moi. Je ne peux pas imaginer que Pierre ne tienne pas parole. »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°273 du 18 janvier 2008, avec le titre suivant : Pierre Huber veut se retirer de ShContemporary

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