Samedi 7 décembre 2019

Photojournalisme, bis

Une nouvelle spécialité pour le marché parisien ?

Le Journal des Arts

Le 8 novembre 2002 - 540 mots

La deuxième édition du « Photojournalisme aux enchères » aura lieu à Drouot le 15 novembre 2002. Organisée cette année encore par le collectionneur et expert Jean di Sciullo, l’entreprise entend rendre aux photographes de presse leur qualité d’auteur en proposant à la vente des tirages prestigieux de leurs meilleures images.

PARIS - La première édition de cette vente spécialisée avait, il y a un an, surpris le marché parisien. Une éventuelle nouvelle spécialité sur le marché de la photographie n’était pas du goût de tous, et beaucoup avaient vu dans le succès de la vacation un effet de mode, indéniablement lié à la nouveauté de l’événement. Comme toujours face à l’émergence d’un domaine, se pose la question de la pertinence artistique et de la valeur à moyen terme des objets proposés.

La démarche des organisateurs de la vente reste la même que l’an dernier : donner aux journalistes photographes une qualité d’auteur en sus de leur première mission d’informateur. Tirant les leçons de la première édition, qui avait essuyé quelques reproches quant à la qualité des épreuves proposées, les experts Léon Herschtritt et Jean di Sciullo y ont cette année porté une grande attention. Reste le problème de fond du statut du photojournalisme considéré en tant que domaine artistique. “J’essaie de créer un marché, nous explique Jean di Sciullo. Il ne s’agit pas d’un eldorado, mais d’un travail de qualité qui commence et qu’il nous faut poursuivre avec exigence.”

La deuxième édition du photojournalisme aux enchères est plus largement plébiscitée par les photographes. “Cette année, nous sommes à la recherche de nouveaux débouchés. Il nous faut rebondir, réinventer de nouvelles structures qui correspondent au marché actuel”, considère Alain Noguès, ancien de chez Sygma et dont trois photographies font parties de la vente.

Parmi les pièces phares de la vacation, on trouve : plusieurs images de Don McCullin, au nombre desquelles un tirage vintage argentique réalisé et signé par l’auteur du célèbre Shell-shocked US Marine de 1968, estimé 3 200-3 500 euros ; un ensemble de douze vintages de photographies russes datant de 1945 et retraçant la libération de la Tchécoslovaquie et de l’Allemagne (1 000-1 200 euros chaque) ; le portfolio numéro 1/5 réunissant vingt-trois portraits de Prix Nobel de la paix photographiés par Micheline Pelletier ou encore le tirage numéroté 1/10 signé par Erik Refner de la tragique photographie d’un enfant mort au Pakistan, tirage qui a obtenu le World Press 2002 (1 500-2 000 euros). Soucieux d’établir un équilibre entre les grandes icônes et les nouvelles tendances du photojournalisme, les organisateurs ont réuni des images aussi différentes que : un portrait de Marilyn Monroe par Eve Arnold (1 500-2 000 euros), les portraits de Steve McCurry, réalisés à dix-sept ans d’intervalle, d’une jeune femme afghane, parus en couverture du National Geographic, formant un lot estimé 4 000-6 000 euros, et les œuvres de jeunes collectifs encore peu connus comme Tendance floue ou L’Œil public.

L’intégralité des 330 lots formant la vente est reproduit dans un très beau catalogue vendu 40 euros.

LE PHOTOJOURNALISME AUX ENCHÈRES

Exposition à la mairie du 9e arrondissement de Paris jusqu’au 13 novembre, puis le 14 novembre à Drouot ; vente le 15 novembre à Drouot-Richelieu, salle 1 et 7, à 13 h 30.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°158 du 8 novembre 2002, avec le titre suivant : Photojournalisme, bis

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