Paris-Varsovie et retour

Le Journal des Arts

Le 3 mai 2002

Le 28 juin, l’étude Beaussant-Lefèvre,
à Paris, met en vente la collection d’esquisses à l’huile françaises des XVIIe, XVIIIe
et XIXe siècles, réunies par Andrew Ciechanowiecki.
Le produit des enchères permettra d’acquérir des œuvres pour le château
royal de Varsovie.

PARIS - Andrew Ciechanowiecki, spécialiste de sculpture et ancien marchand, ami et mentor influent de nombreux conservateurs, collectionneurs et marchands, mais aussi généreux bienfaiteur de sa Pologne natale, va se séparer de sa collection d’esquisses à l’huile françaises. Ce groupe de 280 œuvres des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, conservé au Musée d’Albuquerque au Nouveau-Mexique, sera vendu par l’étude Beaussant-Lefèvre à Drouot le 28 juin. La vacation devrait générer un produit d’un million d’euros qui sera reversé à la Fondation Ciechanowiecki. À côté des 2 000 œuvres déjà offertes au château royal de Varsovie, ce fonds permettra à l’institution de faire de nouvelles acquisitions.

Andrew Ciechanowiecki a constitué sa collection au gré de ses voyages, entre 1960 et 1980, période correspondant plus ou moins aux années au cours desquelles il a présenté des expositions de sculptures qui ont fait date dans une galerie en vue du West End, à Londres. “Je suis un collectionneur passionné, nous a déclaré Andrew Ciechanowiecki – qui a aussi collectionné des sculptures, des dessins préparatoires pour des sculptures et des médailles –, et, à un moment, j’ai compris que les esquisses françaises étaient très abordables et que l’on pouvait s’offrir des pièces vraiment intéressantes.” La recherche continue des auteurs des œuvres s’est ajoutée à l’attrait de ce domaine. En effet, très peu d’entre elles sont signées et, comme le remarque Andrew Ciechanowiecki, “les changements d’attribution vont se poursuivre pendant des années”. Dans son introduction au catalogue, J. Patrice Marandel, conservateur en chef du département de peinture et de sculpture européenne du Los Angeles County Museum of Art, remarque combien les recherches sont ardues et explique comment une exposition itinérante qui a voyagé dans tous les États-Unis s’est révélée très précieuse.

Tandis que la plupart des esquisses proposées à la vente sont aujourd’hui identifiées, quelque 15 % d’entre elles restent en quête d’auteur. La vente aura lieu à Paris, car, selon Andrew Ciechanowiecki, “c’était la ville tout indiquée... Il n’y a pas de spécialistes de la peinture française en Grande-Bretagne. [L’expert] Étienne Bréton est un spécialiste remarquable et il travaille avec un excellent confrère, Gérard Auguier”. Me Beaussant confirme : “Nous avons ici de la peinture française et Paris est la ville la plus appropriée pour vendre ces œuvres. L’esprit de cette collection correspond au profil des habitués de Drouot. Ce sont des collectionneurs passionnés qui adorent chiner pour faire des découvertes.” Il pense également que la vente témoigne du renouveau du marché français de l’art : “Le comte Ciechanowiecki aurait pu vendre n’importe où dans le monde, mais il a choisi Paris et mon étude, qui n’est que de taille moyenne. Cela prouve que nous sommes capables de lui offrir le meilleur niveau de service, tout en le personnalisant.” Les estimations sont restées très basses et il n’y aura pas de prix de réserve : “Garder des pièces de la collection n’aurait eu aucun sens”, explique Andrew Ciechanowiecki, qui réinjectera l’argent dans sa fondation. Nourrit-il des projets précis pour le château royal de Varsovie ? “J’ai repéré quelque chose... mais tout dépend des résultats de la vente”, a-t-il conclu.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°148 du 3 mai 2002, avec le titre suivant : Paris-Varsovie et retour

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