Vendredi 14 décembre 2018

Paris-Europe centrale-Paris, à tâtons

Par Roxana Azimi · L'ŒIL

Le 1 décembre 2004 - 330 mots

Paris-Europe centrale-Paris. Un triptyque qui, dans son libellé, n’est pas sans rappeler les fresques « ping-pongs » de l’ancien directeur du Musée national d’art moderne, Pontus Hulten. Cette vente thématique, première d’une série que concocte la nouvelle propriétaire de Tajan, Rodica Seward, veut remettre au goût du jour l’école de Paris, nébuleuse constituée pour une bonne part de personnalités slaves. Victor Brauner, Moïse Kisling, Léopold Survage ou Alexandre Archipenko ont tous suivi le chemin historique de la modernité qui migre d’est en ouest avant de rejoindre le Nouveau Continent dans les années 1960. Pour se donner plus de légitimité, la maison de ventes a fait appel à plusieurs spécialistes, notamment l’historien d’art Didier Semin, pour la rédaction de textes sur certains de ces artistes.
Les œuvres du catalogue, nourri principalement par les marchands parisiens, ont été regroupées
par nationalité.
De la Russie, nous viennent Ossip Zadkine, Léopold Survage et Nicolas de Staël. Zadkine nous livre une Sylve de 1951 estimée 100 000-120 000 euros. Une fois n’est pas coutume, on retrouve Gustave Miklos et Joseph Csaky, révélés cette année par l’exposition sur les avant-gardes hongroises à la galerie Vallois. Leur présence dans une vente d’art surprend d’autant que ces créateurs, qui se sont frottés aux arts décoratifs, sont habituellement relégués dans les ventes Art déco. Une sculpture en granit représentant un oiseau par Miklos affiche l’estimation de 30 000-40 000 euros. De Csaky, le catalogue propose pour 40 000-50 000 euros une figure abstraite de 1922, toute empreinte d’Art déco. La Roumanie qui a vu naître Constantin Brancusi nous livre trois huiles des années 1950 de Victor Brauner. Peu à peu l’histoire se dessine. Mais une vente n’est pas une thèse, comme peut l’être une exposition, d’autant plus que, pour le baptême, la pêche n’est pas miraculeuse. Pour que le postulat historique soit vraiment probant, les œuvres devraient être d’un plus haut niveau.

Vente le 9 décembre, PARIS, espace Tajan, 37 rue des Mathurins, VIIIe, tél. 01 53 30 30 30.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°564 du 1 décembre 2004, avec le titre suivant : Paris-Europe centrale-Paris, à tâtons

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