Dimanche 8 décembre 2019

SVV Beaussant-Lefèvre

« Magic » Poiret

Les créations du couturier français adulé dans le monde sont à l’honneur à Drouot

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 29 janvier 2008 - 567 mots

Paris - La vente est modeste en chiffres, mais son sujet est incontournable dans l’histoire de la mode. Le 14 février à Drouot chez Beaussant-Lefèvre, une centaine de pièces de la garde-robe de Denise Boulet-Poiret, femme et muse du célèbre couturier français du début du XXe siècle, sera dispersée aux enchères, a priori pour moins de 100 000 euros. C’est la deuxième fois en trois ans qu’un ensemble de vêtements créés par Poiret est présenté à Drouot. La première vente Poiret remonte aux 10 et 11 mai 2005 chez Piasa : plus de cinq cents pièces des années 1910-1920 de la garde-robe de la famille Poiret conservées par l’une des filles du créateur, Perrine Poiret, s’étaient envolées pour près de 1,9 million d’euros, contre une estimation d’environ 600 000 euros. Nombre d’institutions et collections privées internationales, du Chili en Asie, s’étaient déplacées pour miser sans compter sur ce génie de la modernité et de l’élégance, libérateur du corset dès 1906.

Exotismes
Cette fois-ci, des robes, manteaux, vestes, gilets, burnous, jupes, paires de souliers..., aux influences multiples, sont proposés par les enfants de Colin Poiret, fils de Denise et Paul Poiret. Celui qui inspire encore aujourd’hui tant de couturiers et de créateurs, était à l’honneur de l’exposition « Poiret : King of Fashion », présentée par le Costume Institute du Metropolitan Museum of Art de New York du 9 mai au 5 août 2007. Beaucoup de vêtements exposés provenaient de la vente Piasa. Gageons que l’ensemble offert à l’encan cette année créera à nouveau une effervescence dans le monde de la mode. Parmi les pièces proposées, une robe d’après-midi, modèle Mélodie de 1912, en damassé violet, et une robe, modèle Tanger vers 1919-1920, de forme évasée en bure marron à broderie géométrique multicolore rehaussée de pompons de soie, accompagnée de son burnous de même tissu à broderie identique, estimés respectivement 1 200 et 1 500 euros, avaient été présentées à l’exposition « Poiret le magnifique » au Musée Jacquemart André à Paris en 1974. Notons aussi une robe du soir sans manches, modèle Lure vers 1924, de forme droite en lamé vieil or gaufré verticalement, agrémentée d’un sari en crêpe corail et fils lurex or à motifs de frises stylisées, estimée 1 200 euros ; une robe longue, modèle Cavalier hindou vers 1921, en soie brochée à motif de cavaliers hindous au combat sur fond gris acier, estimée 1 000 euros ; une veste, modèle Moscovite vers 1912, de type cocher russe en duvetine verte, de forme cache-cœur, gansée d’un galon de soie bleue à motif floral rouge, bleu et vert, estimée 1 200 euros ; un manteau cache-poussière vers 1920, en shantung de soie écrue brodée de fils de soie ton sur ton à motif floral, estimé 1 300 euros ou encore, un manteau d’inspiration Afrique du Nord vers 1920, en lainage écru à bandes brunes tissé par Rodier, à large col montant à boutonnage asymétrique, estimé 1 500 euros. La vente comprend également une malle à chapeaux Louis Vuitton, marquée Paul Poiret Paris, estimée 2 000 euros, ainsi qu’une série de tableaux peints par Paul Poiret, paysages et portraits estimés entre 150 et 500 euros pièce.

- VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES PROVENANT DE LA GARDE-ROBE DE DENISE BOULET-POIRET, vente le 14 février à Drouot, 9, rue Drouot 75009 Paris, Beaussant-Lefèvre, tél. 01 47 70 40 00, expositions publiques : le 13 février 11h-18h et le 14 février 11h-12h.

VÊTEMENTS ET ACCESSOIRES paul POIRET - Expert : cabinet Chombert-Sternbach - Estimation : 80 000 euros - Nombre de lots : 124

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°274 du 1 février 2008, avec le titre suivant : « Magic » Poiret

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