Mercredi 21 octobre 2020

Foire

L’Urban Art Fair fait son nid

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 27 avril 2017 - 692 mots

PARIS

La deuxième édition de la foire internationale offrait un panorama de l’art urbain avec une sélection très inégale.

PARIS - Pour clore le mois d’avril, le Carreau du Temple accueillait l’Urban Art Fair, consacrée à l’art urbain. « Nous voulions mettre en avant le fait que l’art urbain est composé de mouvements très différents, du graffiti new-yorkais aux expérimentations contemporaines. L’idée était de permettre de contextualiser les œuvres », expliquait Yannick Boesso, fondateur de la foire. Vingt-huit galeries, dont un petit volet international, étaient réunies lors de cette deuxième édition, – cinq de moins qu’en 2016. Les attentes étaient importantes, compte tenu du succès public (20 000 visiteurs) et commercial de la première mouture, preuve que le succès de l’art urbain ne s’essouffle pas. Devant le Carreau du Temple, rue Eugène Spuller, quelques travaux, dont un grand collage du collectif Le Mouvement, faisaient office de mise en bouche. Dans les allées, figures consacrées et découvertes voisinaient. Le tout formait un ensemble très hétérogène, témoignant de la nécessité de séparer le bon grain de l’ivraie dans cet univers graphqiue et, de la part des artistes, de la difficulté de passer de la rue à d’autres supports.

Les ambassadeurs de l’art urbain
Du côté des artistes établis, on retrouvait à la Galerie du jour d’agnès b. (Paris) JonOne ou Futura avec une imposante toile de 2009, ou à la Bel Air Fine Art une petite exposition de sérigraphies de Banksy, de 2 000 à 48 000 euros. « La difficulté n’est pas de les vendre, mais de les trouver. Nous en avons cédé une bonne partie », indique-t-on à la galerie, présente aujourd’hui dans une quinzaine de villes, de Genève à Dubaï. Lélia Mordoch (Paris, Miami) avait fait le choix d’un solo show consacré à Miss. Tic, de 200 euros pour des sérigraphies à 18 000 euros pour une grande toile sur fond rouge. « C’était un geste fort de notre part, mais le risque était limité : Miss. Tic connaît un grand succès public, indiquait la galeriste, présente dans beaucoup de petites ou grandes collections d’art urbain, elle est désormais aussi achetée par des passionnés d’art moderne et contemporain. » D’autres incontournables de l’art urbain, Obey, Popay, Speedy Graphito, M. Chat ou Saber étaient également présents dans les allées.

Plusieurs galeries avaient opté pour des propositions s’interrogeant sur l’héritage de la rue pour les inscrire dans une démarche artistique plus globale. Aux cimaises de PDP Gallery (Paris), étaient accrochées les grandes toiles de Renk (7 800 euros), un travail sur la lumière, plongeant le visiteur dans des couleurs diffuses : « Une reprise du travail impressionniste, mais exécuté à l’aérosol. Renk a commencé à superposer des tags, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus visibles sur la toile. L’idée n’est pas de renier la bombe, mais de l’emmener ailleurs. Nous travaillons avec une nouvelle génération du graffiti et avec l’idée de ne pas faire la même chose sur une toile que sur un mur », précisait Alexandre Latscha. Chez Artistik Rezo (Paris), Madame Moustache, connue pour ses collages dans l’espace public, montrait des boîtes aux accents surréalistes, présentées sur un grand mur façon cabinet de curiosités. Chez Openspace (Paris), l’Argentin Franco Fasoli donnait à voir son travail de sculpteur ou de grands collages sur toiles, combats de personnages zoomorphiques. « L’idée est de mettre en avant la bestialité humaine : un couple qui se déchire ou un hooligan qui se bat contre lui-même », précisait le galeriste Nicolas Chenu. Malgré plusieurs points rouges, les ventes sont restées en deçà des espérances. La galerie berlinoise Urban Spree affichait l’un des rares photographes de la foire, Norman Behrendt, qui a documenté pendant cinq ans les actions de street artists berlinois (tirages de 1500 à 2600 euros). « Son travail est à mi-chemin entre la photo d’art et le reportage. La galerie s’intéresse aux cultures urbaines au sens large. Le dénominateur commun est la ville », commente la galeriste. Les ventes sont restées mitigées. « Les visiteurs viennent chercher des grands noms très identifiés », regrette la galeriste. À voir encore, le stand de la Galerie du jour agnès b., qui présentait en sus de ses stars de l’art urbain des dessins de Philippe Baudelocque, du jeune Kraken (dès 500 euros) ou les toiles aux accents antiques de Cléon Peterson (5 500 euros). Dès le mois de juin, la foire ouvrira une édition à New York.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°478 du 28 avril 2017, avec le titre suivant : l’Urban Art Fair fait son nid

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