Jeudi 19 septembre 2019

Londres : une première pour Jeff Koons

Par Roger Bevan · Le Journal des Arts

Le 1 juin 1994 - 970 mots

Pour un artiste qui a suscité tant d’attention et de scandale sur la scène internationale, il est incroyable que Jeff Koons n’ait jamais eu d’exposition personnelle à Londres, bien qu’on l’ait vu dans des expositions mixtes comme New York Art Now Part II à la Collection Saatchi (1988) et Strange Developments dont Jeffrey Deitch, nouvel agent de l’artiste, fut le commissaire pour Anthony d’Offay (1992).

Aujourd’hui, Anthony d’Offay propose une répétition générale de la rétrospective de quinze ans de production de cet artiste (10 juin - 18 août), qui ira ensuite dans un musée. Coordonnée par Sadie Coles, directrice de la galerie, elle présente vingt œuvres : une inclusion d’aspirateur, un réservoir en équilibre, un scaphandre en bronze, plusieurs sculptures en acier inoxydable, dont le Travel Bar (bar de voyage), le train Jim Beam, et des sculptures en céramiques des séries Banality et Made in Heaven. Les sculptures qu’exécute actuellement Jeff Koons dans son atelier de New York devraient être exposées au printemps prochain.

Dans Cork Street et alentours, Waddington montre pour la première fois les nouvelles sculptures de Frank Stella (22 juin - 23 juillet), représenté jusque-là par Kasmin Knoedler, de l’autre côté de la rue ; un jeune peintre abstrait prometteur, Nicholas May, expose six nouvelles toiles chez Victoria Miro (jusqu’au 24 juin), qui marquent une inflexion subtile de son travail. En même temps, un choix de grandes peintures récentes à la South London Gallery, fraîchement rénovée (jusqu’au 26 juin), accompagné d’un catalogue établi par Stuart Morgan, permet d’apprécier l’évolution de l’artiste. La quatrième exposition de peintures du zoologiste Desmond Morris, chez Mayor, (2 juin - 8 juillet) coïncide avec la parution d’un nouveau livre et d’une série télévisée, "The Human Animal". Benjamain Rhodes, qui va s’associer avec Gillian Jason pour former Jason & Rhodes, présente "Shapechanger", les nouveaux fantasmes peints par Eileen Cooper. On peut voir les œuvres récentes d’Ivor Abrahams, qui réside à présent dans le sud de la France, chez Bernard Jacobson (8 juin - 16 juillet).

Au 13 Old Burlington Street, l’ancienne galerie d’Edward Totah, la marchande Pipy Houldsworth propose les nouvelles peintures de Matthew Radford (9 - 25 juin), de retour à Londres après avoir passé dix ans à New York, avec qui elle a fait de si bonnes affaires à Art 94. C’est la première exposition personnelle de cet artiste dans la capitale. Il a peint pour l’occasion la foule animée de la vie urbaine, suggérant la rapidité du mouvement par le traitement abstrait des silhouettes. Pour sa grande exposition d’été, Marlborough accroche les dernières peintures de R.B. Kitaj (8 juin - 20 août), ainsi qu’une série de dix nouveaux dessins au pastel et au fusain que l’artiste a exécutés après avoir préparé sa rétrospective simultanée à la Tate Gallery. Six peintures de la série des trente-six Gift Wrapped Dolls créées par James Rosenquist en 1992-93 sont à la galerie de Richard Feugner de Ryder Street (jusqu’au 24 juin). Cette série déconcertante, où chaque tête suffoque sous une mince feuille de plastique, a été présentée chez Castelli à New York il y a un an, et au siège de Feigen à Chicago l’automne dernier. À la galerie William Beadleston de Mason’s Yard, le marchand Susanna Allen montre des mobiles et des stabiles d’Alexander Calder (7 juin - 1 juillet).
 
Un choix de sculptures de Charles Ray, l’artiste américain novateur et attachant qui fit une profonde impression à la Biennale du Whitney l’an dernier, a investi l’espace d’ICA (24 juin - 14 août). Avec la directrice Emma Dexter comme commissaire, elle est la version réduite d’une rétrospective présentée au Rooseum de Malmö (jusqu’au 8 mai), et doit aller aux Kunsthalles de Berne et de Zurich. À Knightsbridge, Andraes Kalman a monté une exposition de trente peintures majeures de L.S. Lowry (7 juin - 6 août), prêtées par des collections publiques et privées, tandis que la Tate Gallery consacre une nouvelle salle à ses œuvres.

Chez Lisson, on verra la nouvelle production d’Art & Language (3 juin - 9 juillet), une série de vingt toiles intitulée Index (Now They Are) et inspiré par l’Origine du monde de Courbet, un nu réaliste et provocant. Plusieurs peintures de cette série, qui seront présentées au milieu d’œuvres plus anciennes de l’artiste, sont des versions abrégées ou remaniées de ce sujet explicite, d’autres compositions se dissimulant sous une plaque de verre revêtue d’une pellicule de peinture.

Dans Foley Street, Karsten Schubert expose pour la seconde fois Meg Cranston (3 juin - 2?juillet), qui figurait dans l’exposition Aperto de la Biennale de Venise de l’an dernier, et Marc Joncou propose le travail de Michael Krebber (26 mai - 26 juin), le peintre allemand que l’on a vu dans "Unbound", la récente exposition de peinture contemporaine organisée par la Hayward Gallery. À Clerkenwell, Francis Graham-Dixon fait une troisième exposition des constructions abstraites de l’artiste new-yorkais Willard Boepple (jusqu’au 25 juin) : cinq sculptures sur table et trois au sol. Ses œuvres de plus grandes dimensions seront installées au Yorkshire Sculpture Park en 1995. Pour Chisenhale, le directeur Jonathan Watkins a été le commissaire d’une exposition de Simon Patterson (22 juin - 31 juillet), le jeune artiste britannique qui participat au "Wall to Wall", présenté à la Southampton Art Gallery (jusqu’au 5 juin), et qui a fait des débuts très convaincants à "Doubletake" en 1992, avec deux grands dessins muraux et sa séduisante gravure du plan de métro de Londres aux stations rebaptisées de noms de comédiens, joueurs de football, artistes italiens et rois de France. Cette fois, il a conçu une importante sculpture au sol, une série de panneaux à motifs arabes, dont chacun sera décoré de cartes des constellations et de nouvelles nomenclatures de son invention.

Des négociations sont en cours pour présenter cette exposition dans les galeries d’art des universités, et Leeds, Manchester et Stocke-on-Trent seraient intéressées.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Londres : une première pour Jeff Koons

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