Vendredi 6 décembre 2019

Galerie

À Londres, Condo offre une alternative aux foires

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 16 janvier 2018 - 557 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

La capitale anglaise accueille la troisième édition de la manifestation d’art contemporain Condo du 13 janvier au 10 février 2018. 17 galeries londoniennes accueillent une quarantaine de galeries internationales.

Carte de la manifestation Condo 2018
Carte de la manifestation Condo 2018
Courtesy Condo

Condo est l’occasion d’effectuer une tournée des galeries et de se confronter à la création contemporaine internationale. Basée sur la notion de collaboration, la manifestation propose une alternative aux grands événements de l’art contemporain souvent coûteux et d’une courte durée : pendant un mois des galeries londoniennes partagent gratuitement une partie de leur espace avec d’autres galeries venues des quatre coins du monde.

Vanessa Carlos a fondé Condo en 2016. Le nom vient du terme condominium, très employé aux Etats-Unis, pour désigner des appartements situés dans un même édifice et partageant un certain nombre de commodités. Co-fondatrice de la galerie Carlos Ishikawa, Vanessa Carlos a une solide expérience, elle a précédemment travaillé pour des galeries établies tels que Gagosian, Modern Art et The Approach.

En l’espace de trois ans, le nombre de galeries participantes à Condo est passé de 24 galeries dans 8 espaces en 2016, à 46 dans 17 espaces en 2018. Le projet a pour ambition d’offrir une fenêtre sur la création internationale avec des emplacements mis à disposition gracieusement. A titre indicatif, en France, le mètre carré à la Fiac est de 579 euros, un galeriste paye donc plus de 40 000 euros (plus d'éventuelles majorations applicables) pour un stand de 70m2 sur quatre jours. L’entrée est gratuite pour les visiteurs.

Condo est un modèle qui s’exporte. En juin 2017, la manifestation a fait ses débuts à New York avec 16 galeries new-yorkaises accueillant 20 galeries internationales. En 2018, Condo s'invitera à Shanghai, à Mexico et en avril à Sao Paulo avec une version plus modeste, dans un seul espace qui accueillera six galeries : Condo Unit. La galerie écossaise Koppe Astner, installée chez Sadie Cole HQ, explique au Journal des Arts que l’occupation des lieux est totalement gratuite, la galerie invitée paye seulement pour le matériel imprimé et les frais de la soirée d’ouverture. Lors des ventes, les galeries prêtant leur espace ne reçoivent pas de commissions, la marge revient à la galerie représentant les artistes.

L'événement n’a pour l’instant pas de comité de sélection. La galerie Pilar Corrias, très enthousiaste pour sa première participation à Condo confie avoir été directement contactée par l’organisatrice. Vanessa Carlos a fourni à la galerie une liste de suggestions de galeries avec qui la collaboration pourrait s’effectuer. Pilar Corrias partage son espace avec la galerie Société de Berlin, avec laquelle elle se sent en affinités.

La manifestation londonienne s’étend dans toute la ville, le trajet entre deux galeries peut parfois durer jusqu'à 50 min en transport en commun. Elle se déroule en janvier, mois relativement calme dans l’agenda chargé de l’art contemporain, ce qui permet d’avoir une sélection de galeristes dont la renommée est déjà internationale telles que Pilar Corrias, Sadie Coles, Maureen Paley. Sadies Coles London et Jan Mot Bruxelles font parti du comité de sélection d’Art Basel à Bâle et seulement trois des galeries sur les dix neuf présentes à Condo ne participent pas au salon Frieze.

La manifestation propose un large panel d’artistes internationaux de qualité très inégale. Certaines galeries ont créé un réel dialogue entre les artistes, et présentent une exposition collaborative, à l’instar de Carlos / Ishikawa. Pour d’autres, l’association est moins évidente.

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