Mardi 11 décembre 2018

l‘œil de l‘expert (part I)

L'ŒIL

Le 1 mars 2001 - 446 mots

12 656 000 $
Les Rembrandt se suivent mais ne se ressemblent pas. Ils peuvent cependant se retrouver entre les mains d’un même propriétaire si celui-ci sait y mettre le prix. En effet, le 13 décembre, le marchand hollandais Robert Noortman avait déboursé 19,8 M£ (soit 28,6 M$) lors de la vente Batsheva de Rothschild (L’Œil n°522) pour le Portrait d’une femme âgée de Rembrandt. Un mois plus tard, le même marchand offre 12,65 M$ pour ce tableau estimé prudemment 6-8 M$ par Christie’s, alors qu’il avait déjà été vendu 9,1 M$ il y a trois ans par Sotheby’s. Si ce Portrait d’homme barbu au costume vermillon est de la même période que le tableau de Londres, celle de la jeunesse de l’artiste, ils ne constituent en aucun cas une paire. De plus, ils ne sont pas du même niveau technique. Le Portrait d’une femme âgée bénéficie d’un clair-obscur plus abouti, de nuances plus raffinées. Quant au pedigree Rothschild, il est cent fois plus prisé que la provenance du Rembrandt vendu chez Christie’s : le casino Bellagio, propriété de l’ex magnat de Las Vegas et collectionneur, Steve Wynn. Tout le monde s’attend à voir trôner les deux Rembrandt sur le stand de Robert Noortman à la foire de Maastricht ce mois-ci. Mais à quel prix ? Y aura-t-il un collectionneur assez fou pour lui permettre de réaliser une plus-value sur ces deux tableaux inégaux en qualité ?
Maastricht le dira peut-être.
Christie’s, New York, 26 janvier.

650 000 F
Après le succès des ventes d’art contemporain montées par Me Briest à Paris, on attendait beaucoup de celle, très médiatique, de la collection Stéphane Collaro. L’animateur télé, aujourd’hui installé aux Antilles, avait acheté dans les années 80 des œuvres de quelques grands noms comme Picabia, Klein, Tinguely ou Combas. La moitié de ces pièces ont trouvé preneur, à la grande satisfaction de l’expert, Marie-Hélène Grinfeder, travaillant pour le cabinet Ottavi-Pacitti. A noter les 650 000 F récoltés pour cette huile de Robert Indiana, vue à Nice en 1998 lors de la rétrospective de cet artiste Pop des années 60. Jean Tinguely, en revanche, n’a pas obtenu un aussi bon résultat : son Amitié tournante entre l’Amérique et la France, amusante sculpture de 1963, n’a pas été vendue. Plusieurs œuvres ont atteint leurs estimations basses comme les très colorés Hommes-poissons aideurs de fleurs à 240 000 F ou Feu rouge de Takis, une sculpture créée en 1962 pour la galeriste Yris Clert, à 380 000 F. L’enchère la plus élevée revenait à une peinture d’Yves Klein, F2, réalisée en 1961 au centre d’essai de Gaz de France à La Plaine-Saint-Denis et totalisant 1,2 MF.
Etude Cornette de Saint Cyr, Drouot Richelieu, 29 janvier. 
 

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°524 du 1 mars 2001, avec le titre suivant : l‘œil de l‘expert (part I)

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