Vendredi 28 février 2020

L’Islam gagne Drouot

Trois ventes importantes en mars

Le Journal des Arts

Le 1 mars 1996 - 561 mots

Malgré la crise, l’art islamique et oriental se vend bien à Paris, pour la simple raison que ceux qui l’achètent sont presque exclusivement des étrangers. En mars, trois ventes importantes sont organisées par Mes Tajan, Boisgirard et Ricqlès.

PARIS - Les 18 et 19 mars, Me Jac­ques Tajan dirigera une vente d’art islamique et oriental très diversifiée. Le premier jour, il mettra en vente plus d’une centaine de tableaux, sculptures, aquarelles et dessins orientalistes par des artistes tels que Cassas, Hilaire, Bompard, Dinet et Fabbi. Ils seront suivis par trente-cinq céramiques, dont une très belle plaque en faïence lustrée à décor graphique et animalier, Kashan, XIIIe siècle, estimée entre 50 000 et 70 000 francs, et une collection de six coupelles de Kutahya, XVIIIe siècle, décorées de jeunes arméniennes en costume de fête, de cavaliers et d’oiseaux, estimée 120 000 francs.

Le lendemain verra la dispersion d’une collection de cinquante pièces d’armures, dont un rare casque Mamlouk, vers 1422-1438, en fer bronzé et damasquiné d’or, estimé entre 200 000 et 300 000 francs, ainsi que des armes blan­ches indien­nes, persanes et turques. Figu­reront également dans la vente des manuscrits et des miniatures, des bijoux et des objets en métal, dont un rare bassin à ablutions en tombaq – cuivre doré au mercure –, estimé entre 120 000 et 150 000 francs.

L’art des steppes
Une cinquantaine de très belles pièces en or de l’art des steppes, des éléments de harnachement et des boucles vestimentaires en provenance d’une grande collection étrangère, estimées entre 5 000 et 200 000 francs, seront dispersées le 20 mars par Me Boisgirard. La vente couvrira également l’art bouddhique – avec une cinquantaine de statues de l’Inde, de l’Asie du Sud-Est et du Japon – et l’art islamique.

Cette partie de la vacation comprendra une collection française d’armes, des miniatures mogholes et persanes de bonne qualité, estimées en dessous de 25 000 francs, et de nombreuses céramiques. Parmi celles-ci, quelques pièces abbassides d’Irak, des VIIIe et IXe siècles, de beaux carreaux syriens des XVe et XVIe siècles, et un lot très rare – le fragment d’une fresque abbasside de Bagdad, début XIIIe siècle, de l’ancienne collection Jac­ques Matossian, estimé entre 100 000 et 150 000 francs.

Probablement Mercure
Le 21 mars, Me François de Ricqlès organise une vente d’archéologie et d’art islamique, dont le lot vedette sera une spectaculaire statue romaine, probablement de Mercure et vraisemblablement d’après un modèle de Praxitèle, du Ier ou IIe siècle de notre ère, estimée entre 600 000 et 800 000 francs. Une centaine de lots de métaux et de céramiques, dont une dizaine de Koubatcha – des céramiques iraniennes polychromes à décor floral du XVIe siècle – estimées entre 4 000 et 15 000 francs, compléteront la vacation.

Le lendemain, Me de Ricqlès dispersera deux belles collections de manuscrits orientaux, constituées en France pendant les années trente. L’une comprend notamment un Coran iranien de l’époque qâjâr, orné de magnifiques enluminures, dans une reliure laquée, signée Loft Ali et datée 1844, estimé entre 250 000 et 300 000 francs, et, avec une estimation très modeste de 30 000 francs, une très rare page datant du VIIe siècle – le début de l’ère islamique –, en calligraphie hidjâzi, le balbutiement du style coufique. L’autre collection, d’une cinquantaine de miniatures, comprend neuf pages d’un Chah-Name, 1571, particulièrement fines, estimées entre 40 000 et 60 000 francs chacune.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°23 du 1 mars 1996, avec le titre suivant : L’Islam gagne Drouot

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