Samedi 24 février 2018

L’indémodable bureau Empire

L'ŒIL

Le 12 novembre 2007

Fonctionnel, décoratif, indémodable, le bureau plat d’époque Empire (1804-1815) s’inscrit dans la lignée des meubles néoclassiques. Il en impose par la rigueur de ses formes géométriques rehaussées par des bordures de bronze doré.
Il joue un rôle honorifique, voire ostentatoire. Les magistrats, les notaires, les avocats et certains hommes d’affaires considèrent que le bureau plat napoléonien est un des reflets de leur réussite.
Dans le vent de la mode – relancée par l’approche du deuxième centenaire –, tout le mobilier Empire va connaître un second sacre.
Le bureau typique, héritier direct du style Louis XVI, comporte une large surface d’écriture recouverte de cuir au-dessus d’une ceinture où s’encastrent trois tiroirs de rangement. Les pieds rectilignes
ou fuselés sont renforcés de sabots de bronze à section carrée ou en forme de griffe. Le bois de prédilection est l’acajou, massif ou plaqué, dont la sévérité est atténuée par l’éclat d’ornements en bronze doré : faisceaux, victoires ailées, couronnes de lauriers ou palmettes d’inspiration égyptiennes. Les tirettes latérales qui augmentent la surface d’écriture apportent au bureau une certaine plus-value.
Les plus beaux modèles peuvent valoir de 40 000 à 60 000 euros, soit 20 à 30 % de moins que les bureaux Louis XVI d’époque.
Les bureaux Empire les plus simples, en noyer et pauvres en bronzes d’ornement sont accessibles de 4 000 à 15 000 euros.
Victime de son succès, le bureau Empire a été copié abondamment sous Napoléon III, parfois par de grands ébénistes, tels que Beurdeley, Fourdinois, Dasson ou Sormani. Les copies valent deux fois moins chères mais se revendent difficilement. Seuls les bureaux d’époque gardent une valeur de placement intéressante en cas de remise en vente. On peut reconnaître leur authenticité en observant l’épaisseur du placage d’acajou, visible à l’intérieur des tiroirs : s’il mesure deux à trois millimètres, le meuble est bien ancien ; si le placage a moins d’un millimètre, c’est qu’il a été tranché à la machine, ce qui dénonce une fabrication postérieure à 1820.
Les bronzes récents se reconnaissent à l’empâtement des motifs surmoulés et dorés par électrolyse, alors que les bronzes d’époque dorés à l’ancienne ont un aspect plus nerveux et gardent un lumineux éclat.
En cas d’achat, il convient toujours d’exiger un certificat descriptif précis et daté par expert. En principe, les indications voulues sont portées au catalogue de la vente.
Avec ses formes sobres et géométriques, le bureau Empire trouve sa place aussi bien dans les intérieurs classiques (à l’exception toutefois des foisonnements rocaille) que dans les décors modernes hérités de l’Art déco, ou parmi le mobilier design dominé par la rigueur des lignes droites.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°553 du 1 décembre 2003, avec le titre suivant : L’indémodable bureau Empire

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