Les objets de la Judaïca

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 20 décembre 2007

Extrêmement décoratifs, les objets qui touchent au judaïsme, dits de la Judaïca, éveillent l’intérêt de nombreux amateurs d’art, et pas seulement les collectionneurs d’art religieux.

La Judaïca regroupe tout ce qui touche au judaïsme : objets quotidiens et de culte, gravures, livres ainsi que divers documents. Outre les collectionneurs d’art juif, ces ventes de lots très variés attirent nombre d’acheteurs potentiels, pas forcément religieux. Un amateur de reliure ou de calligraphie peut y trouver un bel ouvrage hébraïque du XVIe siècle. Un collectionneur d’objets de curiosité peut y dénicher une trousse à circoncision, un passionné de photographies anciennes une vue de Jérusalem, un collectionneur de faïence une assiette de Pâque (Pessah) alsacienne, un historien un document sur l’affaire Dreyfus, etc.
Parmi les objets de culte domestique, figurent les chandeliers de Hanoukka, de Shabbat et de Havdalah, très prisés lorsqu’ils sont en argent mais sous-cotés en bronze. Le plat pour le Seder, repas rituel inaugurant la fête de la Pâque (Pessah), en argent, étain ou faïence ; la coupe de Kiddoush de sanctification pour la bénédiction du vin ; les boîtes à cédrat utilisées par les communautés ashkénazes pour la fête du Souccoth et les boîtes à aromates sont des objets courants.
Les documents manuscrits les plus recherchés pour leur qualité décorative sont italiens ou hollandais : la ketouba, contrat de mariage juif, peut être décorée de peintures polychromes comme les livres de prière et la Megillah, rouleau d’Esther calligraphié sur parchemin, parfois enluminé et conservé dans un étui précieux.

Les objets de culte synagogal
Plus rares, les objets du culte synagogal apparaissent parfois en ventes publiques tels que les rimonims, ornements de bâton de Torah en métal précieux ; le tass, plaque ornementale destinée aux rouleaux de la Torah ; la couronne de Torah, parure en argent ou en vermeil fixée au sommet des deux axes de bois des rouleaux de la Torah ; le tiq, étui en bois décoré renfermant les rouleaux de la Torah et le yad, main de lecture qui permet de lire la Torah sans toucher le texte sacré. Pour l’argenterie ancienne, la présence d’un poinçon et d’une inscription hébraïque indiquant le nom d’une synagogue ou de célèbres donateurs en augmente considérablement la valeur.

Où acheter”‰?

- SVV Ader, 8, rue Saint-Marc, Paris IIe, tél. 01”‰53”‰40”‰77”‰10, www.ader-paris.fr - SVV Tajan, 37, rue des Mathurins, Paris VIIIe, tél. 01”‰53”‰30”‰30”‰30, www.tajan.com Ces deux maisons de ventes organisent une à deux ventes de Judaïca par an, avec l’assistance de l’expert Élie Szapiro, historien du judaïsme. Prochaines ventes en février (Tajan) et avril (Ader). - Christie’s, 9, avenue Matignon, Paris VIIIe, tél. 01”‰40”‰76”‰85”‰85, www.christies.com - Sotheby’s, 76, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris VIIIe, tél. 01”‰53”‰05”‰53”‰05, www.sothebys.com Sotheby’s consacre une vente par an à la Judaïca sous la houlette de Kevin Tierney (argenterie) et de Elizabeth Muller (livres). Christie’s disperse les lots de Judaïca dans des ventes à Londres et à New York sous l’œil du spécialiste Moshe Brown.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°598 du 1 janvier 2008, avec le titre suivant : Les objets de la Judaïca

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