Ventes publiques

Les maisons de ventes profitent du contexte

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 13 octobre 2021 - 665 mots

Si pendant longtemps les maisons de ventes sont restées à l’écart de la foire, les choses ont changé. De nombreuses vacations d’art moderne et contemporain sont organisées.

Paris. Les maisons de ventes veulent aussi tirer parti de la « Fiac week ». Aussi, cette année, une kyrielle de ventes d’art moderne et contemporain sont organisées pendant la foire, afin de tirer profit de l’afflux des collectionneurs. Certaines en organisent même plusieurs, à l’instar de Christie’s qui en propose quatre (autour de 28 M€ attendus au total). Cette stratégie, qui consiste à caler des ventes sur le calendrier de la foire, a été mise en place en 2016. « Paris avant-garde », programmée le 22 octobre et composée d’une quarantaine de lots, rassemble entre autres deux œuvres de Manet (dont Julie Manet sur l’arrosoir, 1882 [voir ill.] ; estimation 4 à 6 M€) et six de Berthe Morisot, provenant de la collection Rouart ; mais aussi Peinture 222 x 222 cm, 25 mars 1990, un « outrenoir » de Soulages (est. 1,2 à 1,8 M€). Citons également Paysage animé, de Fernand Léger, dans la vente d’art moderne du lendemain (700 000 à 900 000 €). Sotheby’s, elle, orchestre trois vacations, dont « Modernités » le 26 octobre, assortie d’une estimation approchant les 30 millions d’euros – la plus haute depuis le lancement de ce format il y a cinq ans. En pièce maîtresse, inédite, L’Art de la conversation (1950), de Magritte (9 à 12 M€), issue de l’ancienne collection du marchand américain Alexander Iolas. « Past/Forward », prévue le même jour, met en lumière La Noce (Étude), 1910-1911, de Léger (est. 2 à 3 M€).

Un Bram Van Velde chez Aguttes

Aguttes organise de son côté, comme à l’accoutumée, une vente d’art contemporain (180 lots, est. 2,2 M€) : « C’est un moment incontournable du marché de l’art et de la création contemporaine. Notre vacation profite du fort rayonnement de la Fiac, grâce aux médias mais aussi par la présence à Paris des collectionneurs, des artistes, de leurs mécènes et de nombreux marchands du monde entier », commente Ophélie Guillerot, responsable du département. Parmi les lots phares, un tableau Sans titre (1977) de Bram Van Velde (est. 200 000 à 300 000 €). De son côté, Piasa organise pour la première fois une vente concomitante à la foire, la veille de son vernissage, soit le 19 octobre, « pour laisser les marchands travailler », précise Florence Latieule, directrice du département art moderne et contemporain. « Nous avions des vendeurs. C’est donc une vente de mi-saison, en attendant décembre. » Composé de 86 lots (est. 1 M€), le catalogue comprend Les Bœufs à la mode, 2008, de Robert Combas (40 000 à 60 000 €).

D’autres opérateurs tentent de bénéficier du contexte de la foire, comme à Drouot, chez Gros & Delettrez avec une vente de tableaux modernes le 22 octobre, ou chez Digard Auction qui disperse des œuvres d’art contemporain urbain le 26. Cornette de Saint Cyr a prévu le lendemain une vente d’art contemporain de la région ME NA (Moyen Orient-Afrique du Nord), dans la lignée de la foire Menart organisée dans ses locaux en mai, tandis que chez Bonhams une vente est dévolue à Cocteau le 21 octobre.

Mais ce n’est pas seulement à travers les enchères que les maisons de ventes profitent de l’effervescence du moment : certaines programment aussi des expositions, comme Tajan, dans le cadre de « The Gallery » – une stratégie mise en place il y a cinq ans – avec cette année « My own world », sur le travail de quatre artistes issus de la scène contemporaine. Sotheby’s organise une exposition d’œuvres contemporaines proposées en vente privée (du 11au 25 octobre) tout en exposant une sélection de pièces de la collection Macklowe dispersée à New York le 15 novembre. Artcurial troque sa traditionnelle vente de street art pour un hommage à Gérard Fromanger avec une quinzaine de toiles, tandis que Drouot, sous le titre « Œuvres choisies » (du 20 au 23 octobre), montre une sélection de tableaux modernes et contemporains appelés à être dispersés dans les semaines suivantes.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°575 du 15 octobre 2021, avec le titre suivant : Les maisons de ventes profitent du contexte

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