Dimanche 21 octobre 2018

Records

Les enchères stars dans le monde

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 18 janvier 2017 - 1022 mots

L’année a enregistré plusieurs adjudications exceptionnelles, parmi lesquelles un Cachet impérial chinois acquis 21 millions d’euros chez Drouot et un Monet, parti pour 75,7 millions d’euros chez Christie’s.

Arts d’Asie | Paris

1   Ce Cachet impérial adjugé en France à un collectionneur chinois remporte tous les suffrages : record mondial en tant que cachet mais aussi en tant qu’œuvre d’art asiatique la plus chère en 2016, c’est également le plus haut prix pour un objet d’art en France. Le précédent record revenait à un Cachet en jade cédé en 2013 chez Sotheby’s New York (2,6 M€).
En 2016, les grandes ventes de prestige d’arts d’Asie de Sotheby’s et Christie’s à Londres, New York, Hongkong et Paris ont totalisé 563 millions d’euros, un montant en baisse de 30 % par rapport à l’an passé (820 M€ en 2015). En revanche, les opérateurs parisiens (Drouot, Christie’s et Sotheby’s France, Piasa, Artcurial…) enregistrent une progression de plus de 60 %, passant de 65 millions d’euros en 2015 à près de 110 en 2016. Le cachet pèse son poids dans la balance.


Dessin ancien | Pau


  Datant de la Renaissance, cette Étude de tête d’homme qui pourrait être un autoportrait du maître a été acquis par un résident des États-Unis. Andrea del Sarto étant considéré comme l’un des plus grands dessinateurs de la Renaissance, ses feuilles sont extrêmement rares – moins de 200 dans le monde dont 80 sont conservés à la Galerie des Offices et 40 au Louvre. Cinq à dix demeurent encore en mains privées. L’année 2016 a été riche en surprises pour le cabinet d’expertise de Bayser puisque le jour même de la redécouverte du dessin d’Andrea del Sarto par Louis et Mathieu de Bayser, Patrick de Bayser découvrait l’Étude pour un martyre de saint Sébastien, vers 1482-1485, de Léonard de Vinci, considéré comme trésor national le 23 décembre. L’État dispose de trente mois pour l’acquérir.


Antiquité | Paris

3
   Cette sculpture constitue un record mondial pour un Torse romain vendu aux enchères. Il s’agit également du prix le plus élevé pour une œuvre d’art antique en 2016.
Provenant de la collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, le marbre bénéficiait d’un pedigree prestigieux : découvert en 1777 lors de fouilles archéologiques à la villa Negroni à Rome, il a fait un rapide séjour dans les collections impériales françaises avant de rejoindre les collections du duc de Westminster. Le record pour une sculpture romaine en marbre reste détenu par Léda et le cygne, vendue 19,1 millions de dollars (14,3 M€) en décembre 2011 chez Sotheby’s NewYork. Mais le record absolu à ce jour pour une œuvre antique revient à la « Lionne de Guennol », une statuette mésopotamienne de 8 cm, 3000 av. J.-C, emportée 57 millions de dollars (38,9 M€) en 2007 (Sotheby’s New York).


Peinture ancienne | Londres

4  
Présente dans la même collection depuis un siècle, cette toile monumentale de Rubens était l’une de ses œuvres les plus importantes encore en mains privées. Estimée 24 millions d’euros, elle a presque doublé son estimation de départ. Le tableau illustre le passage où, réfugiées dans une grotte après la fuite de Sodome, les deux filles de Loth enivrent leur père afin de procréer avec lui. Ce tableau représente la deuxième plus haute enchère dans la spécialité après Le Massacre des innocents, également de Rubens, cédé 62 millions d’euros en 2002 chez Sotheby’s. Dans la discipline, les grandes places mondiales (New York, Londres et Paris) ont enregistré une baisse sensible. Christie’s et Sotheby’s totalisaient ensemble 268,6 millions d’euros en 2015 contre 231,1 en 2016 (– 14 %).


Sculpture européenne | Paris

5
   Préemptés par le Musée du Louvre, ces deux pleurants, issus de l’ancienne collection Denys Cochin, sont un record mondial dans la catégorie « Sculpture et objets d’art européens ».
Commandé à Jean de Cambrai pour prendre place dans la Sainte-Chapelle du palais ducal de Bourges aujourd’hui disparue, le tombeau de Jean de France, troisième fils du roi Jean II le Bon, se composait d’un gisant sur une dalle de marbre, elle-même posée sur un soubassement décoré de quarante pleurants sous arcatures. À la mort du duc, les travaux furent stoppés et ne reprirent qu’en 1449 avec Étienne Bobillet et Paul Mosselman. Dispersés à la Révolution, seuls 29 pleurants sont connus et conservés au Louvre, au Metropolitan Musem (New York) ou à l’Ermitage (Saint-Pétersbourg). Deux pleurants en albâtre par Bobillet et Mosselman ont été vendus par Christie’s en 2013 pour 4 millions d’euros.


Art impressionniste | New York

  Réalisée par Claude Monet à Giverny, Meule fait partie d’une des séries chères au peintre. Elle est une parfaite illustration de sa peinture en plein air. Après quinze minutes d’enchères chez Christie’s, ce tableau a été adjugé 75,7 millions d’euros, un montant très au-dessus de son estimation (41,8 M€), ce qui établit un nouveau record pour le peintre. Les chefs-d’œuvre impressionnistes, prisés par les gros collectionneurs asiatiques, sont de plus en plus rares sur le marché ; l’œuvre était également l’une des seules de la série à ne pas se trouver dans un musée. La toile est la plus haute enchère mondiale cette année, mais son prix reste très en deçà des 162 millions d’euros obtenus par Les Femmes d’Alger de Picasso en 2015.


Art contemporain | New York

7  
Peint en 1977, une année clé pour de Kooning alors à l’apogée de son art, Untitled XXV est inspiré des paysages proches de sa maison de Long Island. Vendu 21 millions d’euros chez Christie’s à New York en 2006, le tableau devenait le record pour l’artiste en ventes publiques. Dix ans plus tard, le scénario se répétait au même endroit, avec une valeur plus que doublée : Untitled XXV, estimé à 37,2 millions d’euros, atteignait 61,6 millions d’euros, du jamais-vu pour l’artiste. Une fois n’est pas coutume, ce plus haut prix mondial dans le domaine de l’art contemporain se situe loin derrière le « top lot » en art impressionniste. De même que, dans cette discipline, ce prix reste très inférieur au lot star de l’an dernier, Nurse (1964), de Roy Lichtenstein, cédé 88,4 millions d’euros.

Note

Tous les résultats sont indiqués frais compris tandis que les estimations sont indiquées hors frais acheteur.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°471 du 20 janvier 2017, avec le titre suivant : Les enchères stars dans le monde

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