Ventes publiques

Drouot

Le « vetting » fait son apparition

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 25 mai 2016 - 525 mots

Pour éviter certaines déconvenues, Drouot a mis en place le recours à un comité d’experts pour ses expositions et ventes communes.

PARIS - Pour renforcer son image et sa crédibilité, Drouot a souhaité mettre en place un vetting (comité d’experts). Une façon d’assainir le marché et d’éviter qu’un seul expert se prononce sur un lot. « Il ne faut pas qu’un objet dénature la qualité de l’exposition et donne une mauvaise image de la vente et par là même du marché », explique Michel Maket, président du SFEP (Syndicat français des experts professionnels en œuvres d’art et objets de collection).

Aussi, trois organisations professionnelles, le SFEP, la CNE (Compagnie nationale des experts) et la CNES (Chambre nationale des experts spécialisés en objets d’art et de collection) se sont entendues avec Drouot pour intervenir, et uniquement dans ce cadre, lors des expositions communes d’OVV dans différentes spécialités, lors de ventes collégiales (tableaux anciens, dessins, arts d’Asie), pour les lots importants ou lorsqu’un objet pose problème.

Le protocole est le suivant : Drouot et notamment Alexandre Giquello, président du Conseil de surveillance de Drouot Enchère, sollicite les organisations professionnelles chacune de leur côté. Puis, celles-ci font appel à leurs experts concernés par la discipline, selon leurs disponibilités.Les experts viennent observer les objets à une date fixée et établissent un rapport à leur président qui, lui-même, retraite les données dans un nouveau rapport transmis à Alexandre Giquello. Dans ce rapport, le nom des experts n’apparaît pas. « Ainsi, je préserve l’anonymat de mes experts et c’est la compagnie elle-même qui endosse la responsabilité. C’est important compte tenu de la judiciarisation générale du marché de l’art », souligne Frédéric Castaing, président de la CNE.

Une expertise consultative
Il ne s’agit pas d’une contre-expertise, mais de signaler à Drouot les doutes de façon à ce qu’il n’y ait pas de grossières erreurs. « Nous ne donnons à Drouot qu’un avis consultatif », indique Michel Maket. Libre à l’hôtel des ventes de donner suite ou non. Le vetting a ainsi pu fonctionner à l’occasion de la vente collégiale de dessins organisée à Drouot le 31 mars dernier. Les experts sollicités ont été amenés à examiner les objets exposés et à donner leurs avis. Ils ont ainsi relevé un fac-similé. Drouot en a tenu compte et a retiré le lot de la vente. Ce comité d’experts doit maintenant œuvrer pour les temps forts (21 au 28 mai) qui propose un florilège des plus belles pièces, qui seront mises en vente, en juin, par les opérateurs de Drouot, puis pour la vente collégiale d’art d’Asie du 20 juin.
Cependant, cette initiative a ses limites. D’abord parce que le vetting ne peut intervenir que pour les ventes et expositions communes, une dizaine par an sur les 1 400 au total. « Nous intervenons au coup par coup. On ne va pas parcourir toutes les salles de Drouot, ce n’est pas notre rôle », indique Frédéric Castaing. Mais aussi parce que Drouot n’a pas de pouvoir coercitif sur les commissaires-priseurs soucieux de conserver leur indépendance. À Drouot de les convaincre, pour les plus récalcitrants, que cette procédure est une bonne chose pour l’hôtel des ventes.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°458 du 27 mai 2016, avec le titre suivant : Le « vetting » fait son apparition

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