Lundi 17 décembre 2018

Patrimoine

Le Maroc s’engage à indemniser les vendeurs du squelette du dinosaure

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 3 mars 2017 - 326 mots

PARIS [03.03.17] - Suite à son retrait de la vente qui devait se dérouler le 7 mars prochain à Drouot, le squelette du dinosaure marin fera l’objet de la part de l’Etat Marocain d’un dédommagement des vendeurs, compte tenu de « l’important travail de restauration qu’ils ont effectué. »

L'Association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc (APPGM) a dénoncé la mise en vente d’un plésiosaure Zarafasaura Oceanis vieux de 66 millions d’années ressemblant étrangement au monstre du Loch Ness, au motif que ce spécimen aurait été exporté illégalement du pays.

« Au terme d’une grande tension - des appels des douanes, des ministères marocains, de l’OCBC… - j’ai jugé raisonnable de retirer le squelette de la vente, dans un souci d’apaisement, alors même que d’un point de vue juridique, tout était en ordre », a expliqué le commissaire-priseur Alexandre Giquello au téléphone.

En 2015, des collectionneurs italiens ont acheté à une société marocaine quatre gangues - des blocs de calcaire de 2 m de haut extraits en 2011 du bassin de phosphate de Khouribga dans le centre du Maroc - à la foire de Munich, la « Mineralientage » (salon international des minéraux, des fossiles, des pierres précieuses et des bijoux). De ces 4 blocs et au terme d’un travail de deux ans de restauration en association avec un laboratoire scientifique établi à Trieste (Italie), les spécialistes ont extrait plusieurs spécimens et ont reconstitué un dinosaure « didactique » à partir des ossements.

Compte tenu de ce travail important, l’Etat du Maroc s’est engagé à indemniser les vendeurs de la plus-value qu’ils ont apportée à l’ensemble. Les négociations débuteront après la vente. En attendant, « je reste gardien de la pièce, en accord avec les vendeurs. Elle sera conservée dans notre garde-meuble », a précisé le commissaire-priseur. Le Maroc estime qu’il n’a pas à acheter la pièce - estimée 450 000 euros - « puisqu’elle fait partie de son patrimoine national » a souligné le directeur du patrimoine au ministère marocain de la Culture, Abdellah Alaoui.

Une fois que les négociations auront abouties, le Maroc récupérera le dinosaure.

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Le squelette du dinosaure marin revendiqué par le Maroc, le 28 février 2017 © photo HO / Courtesy Binoche and Giquello / AFP

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