Mercredi 20 novembre 2019

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L’art prend ses appartements

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 16 octobre 2013 - 520 mots

Le concept d’expositions-vente organisé en appartement privé connaît pendant la Fiac un certain succès.

PARIS - Profiter de la présence des collectionneurs venus à la Fiac en leur offrant un écrin privé pour voir et acquérir des œuvres, loin du tapage de la foire : le concept commence à faire florès. En témoigne le succès de « Chambres à part », organisé par Laurence Dreyfus, qui lance cette année sa 8e édition à la Réserve, place du Trocadéro, à Paris. L’art advisor [conseillère en art, qui est aussi commissaire d’exposition indépendante] relate la naissance du projet : « Beaucoup d’artistes dont j’aimais les créations, et qui bénéficiaient d’une réputation extraordinaire, n’étaient pas montrés à Paris. Il y avait à l’époque un décalage entre cette offre et celle de l’étranger. » Pour Nadia Candet, directrice de publication et conseillère, l’organisation de « Private Choice », exposition-vente dans un hôtel particulier du 16e arrondissement, est une première. « Cela fait deux ans que je prépare le projet de cette collection imaginaire et éphémère dans un lieu privé historique », explique-t-elle.

« Chambres à part » présente une sélection d’œuvres du monde entier, avec des pièces inédites d’Amérique du Sud et un focus sur le Brésil. « J’ai analysé ce que j’ai vu sur la scène brésilienne, les artistes peu montrés en France, et je propose ainsi un projet complémentaire à celui de la Fiac », indique Laurence Dreyfus. Sont réunis de grands noms tels Olafur Eliasson ou Marcel Broodthaers et la génération montante, comprenant le Brésilien Lucas Arruda ou la Française Charlotte Cornaton. Les prix s’échelonnent de 3 000 à 200 000 euros, seules 15 à 20 % des œuvres étant prêtées.
De son côté, « Private Choice » accueille des pièces de Felice Varini ou du jeune César Chevalier, mais aussi une méridienne de Matali Crasset ou des assiettes de Sophie Calle, car le projet se veut global, réunissant artistes, designers ou éditeurs. Il faut débourser 330 euros pour cette édition de 6 assiettes, 33 000 pour une pièce de Claude Rutault et beaucoup plus pour une installation de Felice Varini.

Pourquoi le choix d’un lieu privé, accessible sur réservation, est-il si crucial ? « Nous ne sommes pas dans une consommation du regard comme dans les foires. Ce n’est pas tant l’environnement domestique qui compte que l’écrin magnifique et calme », explique Laurence Dreyfus. « Le fait que ce soit un lieu privé et domestique, qui plus est historique, est fondamental. Pour les expositions dans les musées, il y a déjà des spécialistes », précise Nadia Candet.
Au-delà de ces expositions-ventes, se multiplient les invitations au public à voir des collections particulières dans des espaces privés. Celles de Nicolas Libert et Emmanuel Renoird ou Clémence et Didier Krzentowski figurent en bonne place dans le parcours VIP de la Fiac. « Il y a une mise en avant de la notion de collection individuelle », note Laurence Dreyfus, qui propose cette année sa dernière édition. Cette tendance n’est pas sans rappeler les salons du XIXe, où il était de bon ton de recevoir chez soi pour faire admirer ses œuvres d’art.

Chambres à part VIII – Voir est une fable, proposé par Laurence Dreyfus, du 22 au 27 octobre, www.laurencedreyfus.com

Private Choice, proposé par Nadia Candet, du 21 au 28 octobre, www.privatechoice.fr Lieux accessibles sur réservation uniquement.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°399 du 18 octobre 2013, avec le titre suivant : L’art prend ses appartements

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