Ventes publiques

La vente Saint-Ex ne fait pas recette, succès pour les enluminures médiévales 

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 18 juin 2018 - 568 mots

PARIS

La vente aux enchères dédiée samedi à Paris à Saint-Exupéry et autres pilotes, dont l'offre était exceptionnelle, n'a pas fait recette, contrairement aux enluminures anciennes, dont l'une est partie pour plus de 4,2 millions d'euros.

Antoine de Saint-Exupéry (1910-1944), <em>Petit personnage perplexe</em> (c. 1942/43), 16,5 x 16,5 cm, Vente du 16 juin 2018 : "Histoire postale  héros de l’aviation - Les collections Aristophil" - OVV Artcurial
Antoine de Saint-Exupéry (1910-1944), Petit personnage perplexe ["je suis tellement perplexe"] (c. 1942/43), 16,5 x 16,5 cm, Vente du 16 juin 2018 : "Histoire postale héros de l’aviation - Les collections Aristophil"
© OVV Artcurial

Un livre d'heures manuscrit de 1495 a été adjugé 4,29 millions d'euros, selon l'hôtel des ventes Drouot. Ce manuscrit latin sur parchemin, baptisé "livre d'heures Petau" et doté de 16 médaillons en camaïeu d'or attribués à l'artiste Jean Poyer, était estimé entre 700.000 et 900.000 euros. Ce "chef-d'oeuvre de l'enluminure tourangelle" témoignant, selon Drouot, d'une "maîtrise extraordinaire et prouesse de mise en page", faisait partie du fonds Aristophil, soupçonné d'être au coeur d'une escroquerie aux lettres et manuscrits et dont les pièces sont peu à peu dispersées. Il était présenté à la vente par la maison Aguttes. Samedi après-midi, la cession de 44 lots "Ecrits du Moyen-Age et de la Renaissance" a totalisé plus de 10 millions d'euros.

En revanche la vente qui a suivi à Drouot, "Histoire postale", composée de manuscrits et documents aussi issus de la collection Aristophil, a eu moins de succès, avec la cession d'une quinzaine de lots sur 126, selon une porte-parole d'Artcurial. Des manuscrits de Jean Mermoz notamment n'ont pas trouvé preneurs, comme plusieurs documents liés à Antoine de Saint-Exupéry. Il s'agissait pourtant de "la plus importante vente aux enchères dédiée à Saint-Exupéry depuis des décennies", selon la maison de vente.

Clou de la vente, une correspondance à une jeune femme, de 11 pages, est tout de même partie pour 240.500 euros, achetée par un collectionneur européen. Estimée entre 150.000 et 200.000 euros, elle était illustrée de 10 aquarelles peintes entre avril 1943 et mai 1944, vraisemblablement parmi les dernières réalisées par Saint-Ex avant sa disparition, deux mois plus tard. Le dessin "Petit personnage perplexe" a été adjugé 29.000 euros (estimé entre 8 et 10.000). Une lettre autographe de Saint-Exupéry signée à Henry Guillaumet, illustrée de 5 croquis aquarellés, a été emportée à 39.000 euros; les derniers chapitres de Pilote de guerre 36.000 (estimés entre 40 et 60.000). Un brouillon autographe d'un passage inédit de Terre des hommes a aussi été attribué, pour 45.000 euros (estimé 50 à 80.000).

En revanche, des lots importants n'ont pas trouvé enchérisseur, comme le carnet "Les copains. Casablanca (Maroc). 37e d'aviation", daté de novembre 1921 et contenant 37 dessins sur 30 pages (estimé entre 120.000 et 150.000 euros). Même sort pour la série de 51 dessins réalisés lors d'un séjour en Amérique du Sud dans les années 1929-1930 (estimation entre 150.000 et 200.000 euros) ou pour le brouillon autographe du texte "Au centre du désert", chapitre VII de "Terre des hommes" (estimation entre 180.000 et 250.000 euros). Un bilan qui contraste avec la vente précédente.

Seconde enchère millionnaire de cette vente, les Grandes Heures du duc de Milan Galeazzo Maria Sforza, datant d'environ 1471-1476, ont atteint 2.210.000 euros, contre une estimation initiale de 600.000 à 800.000 euros. Autre cession remarquable, celle d'un manuscrit enluminé sur parchemin de textes de Petrarque, réalisé en Italie vers 1470, adjugé samedi 598.000 euros (le double de son estimation). "La préemption de la Charte impériale de l'abbaye de Corbie par les Archives de la Somme illustre l'importance patrimoniale et la qualité des manuscrits rassemblés dans cette vente, qui restera l'une des plus émouvantes de ma carrière", a dit le commissaire-priseur Claude Aguttes, dans un communiqué.

Cet article a été publié le 16 juin 2018 par l'AFP

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