Mardi 11 décembre 2018

La vente Rubin, collection de marchand ou de collectionneur ?

Par Roxana Azimi · L'ŒIL

Le 1 décembre 2004 - 369 mots

Sotheby’s disperse le 17 décembre quarante lots de mobilier des années 1950 du financier Robert Rubin. 90 % des pièces présentées avaient été achetées en partenariat avec le marchand parisien Éric Touchaleaume. « Quand je l’ai rencontré, il était meublé en mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles et avait une collection de voitures de course des années 1960. Il montait un golf à Long Island et voulait un Club House très moderniste », rappelle Éric Touchaleaume.
Le collectionneur se prend au jeu, s’inscrit à l’université et pousse ses recherches sur Jean Prouvé. En 2000, il achète à Éric Touchaleaume l’une des trois maisons tropicales réalisées par Prouvé à Brazzaville, rescapées miraculeusement du conflit intérieur congolais. La décision de Robert Rubin de se dessaisir de ces pièces surprend le marchand parisien d’autant que l’optique initiale des deux partenaires était de créer une collection de référence, exposée au public avant d’être cédée éventuellement à un musée.
Rubin n’est pas un inconnu dans le paysage des ventes publiques.
Il a même déjà vendu à plusieurs reprises par le biais de la SVV Digard. On retrouve dans la dispersion de Sotheby’s un fauteuil Kangourou de Prouvé estimé 100 000-250 000 dollars.
Le collectionneur avait déjà vendu le pendant pour 88 000 euros chez Digard en novembre 2003. La paire avait été achetée au préalable pour 1 million de francs en 2000 à Nancy. De Prouvé, on retrouve aussi un fauteuil réalisé pour la Cité universitaire, acquis pour 520 000 francs à Nancy en mars 2001 et proposé aujourd’hui pour 150 000-200 000 dollars. On remarque enfin une paire de portes hublots réalisées pour la maison tropicale de Brazzaville pour 60 000-80 000  euros. Une paire s’était adjugée au prix faramineux de 250 000 dollars en juin dernier chez Phillips. Un prix d’autant plus étonnant qu’elle ne coûtait que 100 000 euros quelques mois plus tôt en galerie. La vraie pièce de résistance de la vente se compose d’une table monumentale réalisée par Le Corbusier pour le palais des Filateurs à Ahmedabad (Inde).
Une pièce unique qui peut se prévaloir de l’estimation corsée de 300 000-500 000 dollars.

Vente collection Robert Rubin, le 18 décembre Sotheby’s New York, tél. 00 1 212 606 70 00.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°564 du 1 décembre 2004, avec le titre suivant : La vente Rubin, collection de marchand ou de collectionneur ?

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