Ventes publiques

À Hong Kong, business as usual 

Par Anne-Cécile Sanchez · lejournaldesarts.fr

Le 13 juillet 2020 - 468 mots

HONG KONG

Le marché de l’art ne semble pas, pour l’instant, être affecté par la nouvelle loi de sécurité nationale. 

Genevieve Figgis, Ladies Picnic (Déjeuner sur l'herbe), 2014, acrylique sur toile, 59 x 79 cm. © Phillips
Genevieve Figgis, Ladies Picnic (Déjeuner sur l'herbe), 2014, acrylique sur toile, 59 x 79 cm.
© Phillips

C’était quasiment un test : mercredi 8 juillet, la très attendue vente du soir Art moderne et contemporain de Phillips Hong Kong a réalisé un total de 200 millions de HK$ (un peu moins de 23 millions d’euros) soit près de 10 % de plus que l’année précédente à la même date. Deux Zao Wou-ki annoncés comme des chefs-d’œuvre y ont été acquis par une collection asiatique privée dans la limite de leur estimation – entre 5 et 6 millions d’euros. Tandis que des œuvres d’artistes comme Nicolas Party, Genieve Figgis et Daniel Arsham ont été adjugées très au-dessus de leurs estimations hautes.

Avec la Chine continentale qui est maintenant bien décidée à mettre fin à l’autonomie de Hong Kong, se pose la question de savoir si la cité va conserver la première place asiatique pour le marché de l'art ou si elle risque de décliner au profit de Singapour. « Hong Kong est depuis longtemps le centre du marché de l’art en Asie, où se trouvent les maisons de ventes et les galeries. Nous restons optimistes et pensons qu’elle restera un lieu important pour le négoce d’art », assure Isaure de Viel Castel, directrice du département art moderne et contemporain Asie chez Phillips. La Chine élargie (Hong Kong, Taiwan, Chine Continentale) constitue le marché le plus important de Phillips en Asie, particulièrement pour ses ventes à Hong Kong. « Nos acheteurs proviennent en grande majorité de cette région, même si leur proportion varie légèrement à chaque saison », précise Isaure Viel de Castel.

La nouvelle loi de sécurité nationale va-t-elle pénaliser l'activité des maisons de ventes ainsi que celle des galeries ? La plupart des grandes enseignes étrangères ont en tout cas choisi de maintenir leur espace ouvert, quitte à opérer un redéploiement stratégique. Délaissant Central, où se déroulent la plupart des manifestations depuis plusieurs mois, elles ont pour certaines investi le quartier de Wong Chuk Hang, dans la partie sud de l’île, où se tient désormais un « South Side Saturday » fédérant la De Sarthe gallery, Axel Vervoordt, Ben Brown Fine Arts, Rossi & Rossi …

Perrotin a pour sa part quitté son espace à Central pour être la première galerie à emménager à Victoria Dockside, au huitième étage du K11 Atelier, l’immeuble de front de mer conçu par le collectionneur Adrian Cheng, sur un programme immobilier mélangeant luxe et culture. L’adresse se situe non loin du West Kowloon Cultural District qui accueillera bientôt le musée M+. Comme de nombreux confrères, le galeriste français est par ailleurs depuis longtemps installé à Shanghai. Vu depuis la Chine, le changement qui s’opère à Hong Kong est juste un retour à l’ordre. Plutôt favorable à la poursuite des affaires ?

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