Mercredi 23 septembre 2020

Foire

FOIRE D’ART CONTEMPORAIN

Frieze London s’embourgeoise

Par Alexia Lanta Maestrati · Le Journal des Arts

Le 17 octobre 2019 - 525 mots

La foire londonienne s’assagit, et de nombreux marchands misent désormais sur des valeurs sûres. L’offre entre Frieze London et Frieze Masters tend à se rejoindre.

Londres. Les collectionneurs de la Frieze London n’ont pas été effrayés par le Brexit, puisque cette 17e édition, qui se tenait du 3 au 6 octobre à Regent Park, s’est révélée être un succès. Les plus grandes galeries ont plébiscité ce millésime ; dès les premières heures, plusieurs enseignes, dont Lisson Gallery (Londres, New York), Nara Roesler (Rio de Janeiro), Gagosian ou Tiwani Contemporary (Londres), affichaient « sold out ».

Créée en 2003, Frieze London se distinguait à ses débuts par sa sélection de travaux récents, pour une grande partie tout juste sortis des ateliers. Sa bouture, Frieze Masters, a été créée en 2012 afin de compléter son offre avec de l’art plus classique (allant de l’archéologie aux arts premiers en passant par l’art moderne). Depuis quelques années, Frieze London s’assagit. En témoigne ctte édition, où l’on voyait le long des allées du secteur central de nombreuses œuvres antérieures aux années 2000.

C’était le cas sur le stand de la Michael Werner Gallery (Londres) qui proposait un ensemble d’œuvres de l’Allemand A. R. Penck (artiste qui était également montré à Frieze Masters) des années 1980 au côté d’une toile de Marcel Broodthaers datée de 1970. Dans la même allée, Kukje Gallery (Séoul) montrait une sélection de peintures de grands noms coréens dont une toile datée de 1936 exécutée par Lee Ufan (aussi à Frieze Masters) et une autre de 1935 par Ha Chong-hyun.

Retenaient également le regard la toile Red Pink Green Gray Blue Tan (1964) de l’artiste minimaliste Rosemarie Castoro, sur le stand de Thaddaeus Ropac (Paris…), ou les œuvres de l’Américaine Betty Parsons, Radiant Reach (1978) et Buzzing (1965), chez Alison Jacques Gallery (Londres). « Cette année, nous proposions une œuvre de Philip Guston à la Frieze London, mais nous aurions tout aussi bien pu la présenter à Frieze Masters. Il y a en effet une offre qui se rejoint entre les deux foires », observe Iwan Wirth, directeur de Hauser & Wirth, qui participe aux deux foires.

Il n’est pas le seul, puisqu’une dizaine d’enseignes d’art contemporain font le choix d’être présentes sur les deux salons, situés à quinze minutes à pied l’une de l’autre. À Frieze Masters, on notait cette année l’arrivée de Perrotin, qui partageait son stand avec Nahmad Contemporary (New York) pour montrer un ensemble de toiles de Georges Mathieu, ainsi que de Mai 36 Galerie (Zurich), Lisson Gallery ou Mignoni (New York). Kamel Mennour, qui participait pour la deuxième fois, souligne « aimer particulièrement participer à Frieze Masters pour la grande qualité de la foire et ses propositions historiques ». Les valeurs sûres rassurent, et on observe une tendance similaire à la Fiac avec la présence renforcée de galeries d’art moderne présentant des signatures historiques sous la verrière du Grand Palais.

Fait étonnant, des galeries pourtant très contemporaines à l’instar de Galleria Continua, Luhring Augustine (New York) ou Richard Saltoun (Londres) participent seulement à Frieze Masters. Et la Tate Modern, modifiant sa politique d’acquisition, a acheté pour la première fois à Frieze Masters, confirmant la convergence des deux manifestation.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°531 du 18 octobre 2019, avec le titre suivant : Frieze London s’embourgeoise

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