Samedi 15 décembre 2018

Fiac 1996 : la refonte

Les contestataires imposent des réformes

Le Journal des Arts

Le 1 janvier 1996 - 610 mots

Le collectif contestataire composé de neuf galeries, qui s’était retiré en juillet de la foire parisienne d’art contemporain en protestation contre son manque de dynamisme, de qualité et de véritable caractère international, a finalement obtenu, lors d’une assemblée générale extraordinaire le 4 décembre, une réforme profonde des statuts du Cofiac, le comité d’organisation de la Fiac. Un autre accord renforce les pouvoirs du Cofiac face à l’OIP (Organisation Idées Promotion), gestionnaire du salon.

PARIS - La Fiac est morte, vive la Fiac. L’ambition, caressée par certains membres du collectif, de lancer un salon d’art contemporain concurrent, une sorte de contre Fiac, est donc enterrée. Rentrées au bercail, les neuf galeries promettent de mettre sur pied une Fiac radicalement différente – plus internationale, plus jeune, plus exigeante et beaucoup plus visitée, selon le nouveau vice-président du bureau du Cofiac et ancien porte-parole du collectif, Marwan Hoss.

Choisis par le seul Cofiac
Réformé, le Cofiac est passé, le 4 décembre, de onze membres, dont deux étrangers, à vingt-quatre, nommés pour six ans, dont huit galeries étrangères. Ces vingt-quatre marchands – y compris une galerie américaine qui reste à élire – ont élu par la suite, et pour une durée de deux ans, un bureau (le collectif avait notamment reproché au bureau de l’ancien Cofiac d’être élu à vie) comprenant neuf membres, qui devra travailler en collaboration avec l’OIP. Ce nouveau bureau du Cofiac, dont les statuts prévoient un vice-président français et un vice-président étranger (voir encadré), ne comprend que trois membres – Nello Di Meo, Daniel Lelong et Yvon Lambert – issus de la vieille garde.
 
Un autre accord, signé le 20 novembre par le Cofiac et l’OIP, décrit les attributions, les devoirs et les droits de chacune des parties et pose de sérieuses limites à l’autorité des gestionnaires de la Fiac. Désormais, les thèmes d’animation et la politique générale du salon seront choisis par le seul Cofiac, qui devra également donner son approbation non seulement pour les dates, les durées et les horaires de la Fiac, mais aussi pour des détails tels que l’implantation et la dimension des stands, le catalogue et les invitations.

Améliorer la qualité artistique de la Fiac
L’accord du 20 novembre accorde également au Cofiac le droit d’inviter toutes les personnes dont il estime que la venue revêt un intérêt majeur pour la Fiac et la profession, tout en laissant à l’OIP le soin de financer l’accueil de ces mêmes personnalités grâce à un budget de 200 000  francs. L’OIP devra aussi dévélopper des moyens d’accueil pour les exposants étrangers – qui pourraient bénéficier, par exemple, de tarifs réduits dans deux ou trois hôtels parisiens – et mettra à la disposition du Cofiac une subvention, également de 200 000 francs, pour financer ses missions en-dehors de la France et les déplacements de ses membres étrangers. Afin d’améliorer la qualité artistique de la Fiac, le bureau du Cofiac nommera un collège d’experts, qui auront tous pouvoirs pour faire retirer des œuvres. Le Cofiac pourra aussi exclure des exposants dont il juge les œuvres non conformes à la haute exigence de qualité de la Fiac.
 
La Fiac, dont la prochaine édition se tiendra du 2 au 7 octobre 1996 à l’Espace Eiffel-Branly, deviendra moins chère, les loyers ayant été fixés à 1 090 francs le m2 en 1996 et à 1 150 francs en 1997, contre 1 350 francs cette année.
Nous allons également demander au ministère de la Culture des aides pour organiser des manifestation parallèles et des infrastructures d’accueil, nous a déclaré Marwan Hoss. Car il s’agit de replacer Paris dans un contexte culturel et économique dynamique, et non plus de se morfondre dans la fatalité.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°21 du 1 janvier 1996, avec le titre suivant : Fiac 1996 : la refonte

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