Photographies

Enchères volcaniques pour Berthier

Le Journal des Arts

Le 30 octobre 2007

Le fonds Paul Berthier, temps fort de la vacation de photographies du 31 janvier à la Galerie de Chartres, a remporté un franc succès.

CHARTRES - Moment très attendu de la vente de photographies du 31 janvier à la Galerie de Chartres, la dispersion du fonds Paul Berthier a convaincu les amateurs, qui ont emporté 100 % des lots. Globalement, sur les 196 numéros que comptait la vacation, 62 % ont été vendus pour un montant total de 340 000 euros, alors que l’estimation avoisinait les 140 000 euros. « Nous sommes très heureux de ces résultats, commente Arnaud Delas, expert de la vente, mais il faut reconnaître que les estimations étaient très raisonnables. Nous partageons avec Jean-Pierre Lelièvre la conviction que, lorsqu’elles sont trop élevées, elles découragent les acheteurs. Le vendeur du fonds Berthier avait des prétentions très raisonnables pour l’ensemble et il n’y avait pas de prix de réserve par image. » Ce fonds, qui comptait 35 lots, a totalisé 190 000 euros, soit quatre fois son estimation. Il comprenait une centaine de photographies de Paul Marcellin Berthier (1822-1912), un artiste peu connu dont les œuvres ne sont pas très courantes sur le marché. Plusieurs images issues d’un reportage sur l’éruption de l’Etna en 1865 ont particulièrement intéressé les amateurs. Alors que chaque épreuve était estimée entre 2 000 et 4 000 euros, Le Fuimento (neige) a été vendue 13 500 euros,
L’Équipe scientifique, 16 000 euros, Le Châtaignier de “cento cavalli”, 12 000 euros et La Barque de pêcheur, 14 000 euros. « Ce genre de sujet n’est pas courant, remarque Arnaud Delas. De plus, les tirages étaient très beaux, c’est pourquoi ils ont remporté un tel succès. » D’autres épreuves ont également intéressé les acheteurs comme celle du moulage d’une statue à l’effigie du roi David, 1854, de Charles Nègre, estimée 1 200 euros et vendue 26 400 euros, deux planches de l’atelier Blanquard-Evrard représentant des cèdres du Liban par Benecke, adjugées 4 110 et 2 800 euros contre des estimations d’environ 700 euros, ou encore un album sur le yachting dont le prix de 5 200 euros était trois fois supérieur aux attentes. Les cinq pièces se rapportant à Man Ray ont toutes été vendues à des prix proches des estimations : la Carte de vœux de 1933 de Man Ray a été adjugée 12 000 euros, une Solarisation,  Jacqueline Goddard, 1930, est partie à 10 500 euros et Cette espèce d’héliante… Variante pour l’amour d’A. Breton (1933), a été emportée à 3 500 euros. Seule exception dans cet ensemble, un portrait dessiné de Mme Tedesco par Man Ray daté de 1936, qui a largement dépassé l’estimation de 500 euros pour atteindre le prix de 9 400 euros. La plupart des lots proposés à la fin de la vente dans une section moderne et contemporaine sont restés invendus. Les photographies de Marcel Bovis, Pierre Gaudard et Ingi n’ont pas enthousiasmé le public de la salle, composé aussi bien de professionnels que d’amateurs manifestement versés dans la photographie ancienne.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°187 du 20 février 2004, avec le titre suivant : Enchères volcaniques pour Berthier

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