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Ellipses et cylindres, les volumes de Guy de Rougemont présentés à Paris

Par Valentine Buvat · Le Journal des Arts

Le 4 avril 2003 - 558 mots

PARIS

La Galerie du Passage accueille jusqu’au 31 mai les volumes réalisés par Guy de Rougemont entre 1966 et 1975. Créations étonnantes, à la frontière du mobilier et de la sculpture, les cinquante objets polychromes qui sont réunis permettent de remonter à la source du processus de création des célèbres cylindres monumentaux de l’artiste.

PARIS - La passion pour les arts appliqués de Pierre Passebon, directeur de la Galerie du Passage, à Paris, est bien connue. Il a reçu dans ses murs les œuvres de Noll et de Royère, et l’exposition de l’œuvre de Guy de Rougemont marque une avancée dans le temps vers plus de contemporanéité. Selon le mot de l’artiste, “la galerie du Passage est une galerie d’antiquités de l’art contemporain !”
Les cinquante œuvres rassemblées, que le vocable “volumes” semble définir au mieux, se sont vu appliquer une fonction “par l’intérêt que leur ont porté certains décorateurs”, explique Guy de Rougemont. L’artiste considère par ailleurs son travail en trois dimensions davantage comme un prolongement de sa pratique picturale qu’en tant que la sculpture. “Comme beaucoup de peintres, j’ai eu la tentation de vérifier dans le volume mon travail sur la toile. Pour moi, ces volumes font entièrement partie de ma recherche de peintre. Ceux que j’ai réalisés à partir des ellipses sont des déclinaisons directement issues de mes tableaux. Ils m’ont permis de voir comment les formes et les couleurs fonctionnaient dans l’espace et de faire réagir la couleur et la lumière sur trois dimensions. Cette problématique du rapport de la lumière à la couleur est véritablement celle de la peinture.” Les volumes de Rougemont ne sont donc ni des sculptures, ni de véritables meubles puisque leurs fonctions ne sont pas prédéfinies et qu’ils n’ont jamais été édités, contrairement aux objets conçus par l’artiste pour plusieurs éditeurs – principalement Artcurial – dans les années 1980. Moins que de prototypes, il s’agit véritablement de pièces uniques, dont la multiplication n’a jamais été envisagée : “Les œuvres qui sont présentées ici sont une production d’atelier. Toutes ces pièces ont déjà été exposées dans des rétrospectives avec mes tableaux, contexte dans lequel les toiles renvoyaient aux volumes et inversement. Pour l’exposition de la Galerie du Passage, nous avons extrait de l’ensemble ce moment où j’ai été particulièrement intéressé par la couleur sur volume.”
Parmi les nombreuses pièces visibles, et dont les prix débutent à 7 000 euros, on trouve une Table-ellipse, une Table-coffre, une Sculpture lumineuse, des Tabourets, un Fauteuil cylindrique, plusieurs cylindres coudés sur socles, ou encore une Table-nuage dessinée par l’artiste pour le décorateur Henri Samuel au début des années 1970. La plupart des œuvres sont en bois laqué, aluminium ou PVC, à l’exception de quelques pièces comme les Panneaux transparents, en étoffe. Une trentaine de cylindres de divers formats figurent également dans l’exposition. Ils rappellent les premières recherches du peintre relatives au motif, décliné depuis dans ses travaux monumentaux, des colonnes du Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1974 jusqu’aux cylindres installés dans de nombreuses villes du monde, en passant par l’environnement installé sur 30 km le long de l’autoroute A4 entre Paris et Metz.

LES CRÉATIONS DE GUY DE ROUGEMONT

Jusqu’au 31 mai, Galerie du Passage, 20/22 galerie Véro-Dodat, 75 001 Paris, tél. 01 42 36 01 13, du mardi au samedi 11h-19h. Catalogue édité par la Galerie du Passage, 15 euros.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°168 du 4 avril 2003, avec le titre suivant : Ellipses et cylindres

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