Mardi 11 décembre 2018

Sotheby’s

Diana D. Brooks prévoit une croissance soutenue

La présidente de la maison de ventes affiche l’optimisme

Le Journal des Arts

Le 1 février 1995 - 753 mots

La Chief Executive Officer de Sotheby’s fait part de quelques très importantes progressions de chiffres d’affaires sectoriels, et constate de très bonnes performances pour les objets exceptionnels et les collections particulières. Selon elle, le nombre de collectionneurs privés dans les salles de vente est en augmentation, et les marchands reviennent. Elle prévoit cette année un second souffle pour le marché du tableau impressionniste et moderne.

Diana D. Brooks, présidente de Sotheby’s : Notre niveau de ventes est resté le même en 1994 qu’en 1993. Cependant, si on exclut les tableaux impressionnistes et modernes et les bijoux, notre chiffre a augmenté de 13 % : les tableaux anciens ont augmenté de 67 %, les tableaux européens XIXe siècle de 37 %, l’art contemporain de 19 %, les tableaux américains de 36 % et les tableaux d’Amérique latine de 125 %. Le mobilier et les arts décoratifs ont également progressé.

Nous organisons des ventes dans plus de soixante-dix spécialités, et"le marché de l’art" comprend, en fait, beaucoup de marchés différents. C’est pourquoi je préfère ne pas généraliser, sauf pour dire que, grosso modo, des œuvres d’art exceptionnelles, que l’on n’avait pas vues sur le marché depuis longtemps, ont produit d’excellents résultats.

Les ventes de collections particulières ont spécialement bien marché, dans des domaines aussi divers que les estampes de Picasso (la collection Mourlot), les machines à sous (la collection Matthew Schutz), les livres italiens illustrés (collection Otto Schafer), les tableaux anciens (British Rail Pension Fund), et l’art populaire américain (la collection Little). Les"ventes de château", comme celles de Feruzzi et de Corsini l’année dernière, connaissent toujours un grand succès.

Un marché plus internationalisé
La clientèle du marché de l’art s’est considérablement élargie depuis quelques années, et beaucoup plus de collectionneurs privés assistent maintenant à nos ventes à travers le monde. En même temps, l’intérêt qu’ils portent à leurs collections s’est développé, tout comme leur connaissance de l’art et leur goût. Bien que, globalement, j’estimerais à 60 % environ la proportion de collectionneurs privés dans notre clientèle, les marchands restent toujours des clients très importants, à la fois en tant qu’acheteurs et vendeurs.

Nous avons constaté, en 1994, une participation de la part des marchands plus importante qu’en 1993, ce que nous prenons pour un signe extrêmement encourageant de reprise du marché.

Au fil des années, le marché s’internationalise de plus en plus. En 1994, le secteur des ventes publiques a augmenté en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Aujourd’hui, nos clients viennent de partout dans le monde, et ils s’attendent chez Sotheby’s à une qualité de service très élevée. Fournir un excellent service, partout où nous travaillons, sera donc toujours notre priorité.

Depuis que je suis devenue Chief Executive Officer de Sotheby’s, en avril dernier, j’ai passé beaucoup de temps en Europe, et je me suis rendue deux fois en Asie. Bien que les États-Unis et l’Europe représentent toujours la part la plus importante de nos affaires, nous pensons que d’autres marchés, en particulier en Asie, ont un très grand potentiel.

Une croissance soutenue
Les médias se penchent peut-être sur la concurrence entre Christie’s et Sotheby’s, mais je ne crois pas que la question intéresse nos clients, ou que ce soit la meilleure façon d’envisager nos affaires. Après tout, il suffit d’une ou deux ventes, ou même de quelques objets, pour modifier l’équilibre entre les deux sociétés. Ce qui intéresse nos clients, à mon avis, et ce qui doit constituer notre travail, c’est de fournir un excellent service – une expertise exceptionnelle, une parfaite connaissance du marché, un marketing international –, tout ce qui fera vendre le mieux possible les objets que nous confient nos clients.

D’une façon générale, je suis très optimiste à propos du marché et de nos ventes en 1995. Beaucoup de choses se passent dans de nombreuses spécialités, et je m’attends à ce que d’importants tableaux impressionnistes et modernes soient mis en vente cette année, ce qui devrait donner un coup de pouce significatif à ce secteur important.

Cette année, nos ventes de collections, comme celle de la New York Historical Society ont très bien démarré, et parmi les vacations importantes qui auront lieu au printemps, on peut retenir en particulier : la collection IBM, qui comprend d’importants tableaux américains, contemporains et d’Amérique Latine, la vente de l’atelier de Man Ray, la collection Mecom de lampes Tiffany, ainsi que d’autres ventes qui n’ont pas encore été annoncées. Ce qui est le plus sain pour le marché, c’est une croissance constante et soutenue, que nous pourrons atteindre, je pense, en 1995.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°11 du 1 février 1995, avec le titre suivant : Diana D. Brooks prévoit une croissance soutenue

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