XXe

Degottex inédit

60 œuvres inédites permettent de redécouvir Jean Degottex

Par Henri-François Debailleux · Le Journal des Arts

Le 21 mai 2013 - 445 mots

PARIS - Cette exposition consacrée à Jean Degottex nous rappelle d’abord à quel point son œuvre est injustement mal connue. Il faut dire qu’il y a bien longtemps que l’artiste (1918-1988) n’a pas eu les honneurs des institutions surtout parisiennes, contrairement à certains de ses collègues d’abstraction comme Simon Hantai (actuellement au Centre Pompidou).

Seuls quelques musées en région, celui des Beaux-arts de Quimper en 2008 ou du monastère royal de Brou à Bourg en Bresse en 2009, ont présenté une rétrospective. C’est donc une galerie qui s’en charge, certes à une échelle plus modeste, mais de façon conséquente tout de même, puisque soixante œuvres sont ici rassemblées. En outre la plupart sont inédites, directement sorties d’une collection en lien direct avec la famille de l’artiste. Datées de 1954 à 1986, soit près de 35 ans de création, elles ont volontairement été choisies par Michèle et Odile Aittouarès pour rappeler le parcours de cet artiste pour le moins singulier qui, tout au long de sa carrière, a fait preuve d’une indépendance, d’une innovation et d’une remise en cause permanentes. Titrée « Du signe à l’écriture, de l’écriture à la ligne » – condensé d’une phrase de Degottex  « Du signe je suis passé à l’écriture, de l’écriture à la ligne d’écriture, de la ligne d’écriture à la ligne » –, l’exposition passe en revue les différentes étapes. Celle de sa rencontre avec le critique Charles Estienne qui correspond à sa période bretonne, celle de l’époque André Breton qui le voit s’inspirer du taoïsme, celle des Métasignes. Vient ensuite une forme d’abandon de la peinture traditionnelle, du pinceau et du geste avec une remise en cause de la surface caractérisée par un travail sur le support et sur la matière : arrachement, déchirure, collage, découpage, empreinte, craquement, froissement, tache… tout y passe avec pertinence et subtilité, jusqu’aux travaux sur les boîtes de sucre, les briques, les morceaux de bois, les bidons d’huile, etc. Ainsi les titres des séries s’enchaînent Depli, Pli Pli, Débris, Bris Signes… signes justement de la diversité cohérente de l’ensemble. Les prix aussi sont variés, qui vont de 2 500 euros pour Report bleu une petite œuvre (14 cm x 16,5 cm) à l’acrylique sur papier, jusqu’à 40 000 euros pour Media, une peinture sur papier marouflé sur toile (2,4 m x 1,5m). Une fourchette qui correspond parfaitement à la cote de l’artiste en ventes publiques, où un beau format de 2 m x 2 m tourne régulièrement autour des 25 000-30 000 euros. Soit une somme là encore injustement inférieure à celle d’autres artistes abstraits de sa génération.

Jean Degottex

Nombre d’œuvres : 60
Prix : entre 2 400 et 38 000 €

Jean Degottex, Du signe à l’écriture, de l’écriture à la ligne

Jusqu’au 29 juin, Galerie Berthet-Aittouarès, 29, rue de Seine, 75006 Paris, tél.01 43 26 53 09, www.galerie-ba.com, du mardi-samedi 11h -13h et 14h30-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°392 du 24 mai 2013, avec le titre suivant : Degottex inédit

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