Belgique

« Cultures », trois foires en une

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 24 mai 2016 - 661 mots

Après s’être tenues chacune de leur côté au Sablon à Bruxelles, Bruneaf, Baaf et AAB se réunissent sous la même bannière « Cultures » et entendent bien croiser leur public respectif.

BRUXELLES - Les trois foires qui se tenaient au même moment en juin à Bruxelles dans le quartier du Sablon – Bruneaf (art tribal), Baaf (archéologie) et AAB (art asiatique) – et qui avaient instauré depuis deux ans une synergie, avancent désormais main dans la main. « L’union fait la force. Un seul événement, plutôt que trois distincts, c’est beaucoup plus percutant et permet également de réduire les coûts », souligne Didier Claes, marchand d’art africain et membre du comité d’organisation. « “Cultures”,  un mot universel, prononçable dans toutes les langues et qui a fait l’unanimité lors de la décision », poursuit le marchand,  regroupe sous les mêmes logo et nom 68 marchands internationaux issus de neuf pays (77 en 2015) du 8 au 12 juin.

Chacune des trois entités, qui fonctionnaient jusqu’alors comme trois associations distinctes, ne sera pas complètement dissoute, pour que la transition se fasse en douceur vis-à-vis des visiteurs. D’ailleurs, elles continueront d’exister pour le pilotage des comités d’expertises (vetting) chacune dans leur spécialité. Et même si le nouveau logo commun est d’ores et déjà utilisé, les trois anciens logos perdurent cette année avec un système de couleurs mis en place pour faciliter le repérage : rouge pour l’art tribal, jaune pour les arts asiatiques et bleu pour l’archéologie. Autre initiative, toujours dans le but de favoriser les passerelles entre les disciplines et croiser les publics, les trois catalogues jusqu’alors édités séparément ne le seront plus que sous une seule et même publication.

Une légère baisse de participation
Bruneaf, la plus ancienne des associations, créée en 1983, est consacrée à l’art africain, océanien et indonésien. Elle accueille  43 marchands, contre 47 l’année dernière. Kevin Conru (Londres), Lucas Ratton (Paris) ou encore Jacaranda Tribal (New York) ne sont pas revenus, tandis que les Parisiens Renaud Vanuxem, Olivier Castellano et Pablo Touchaleaume font à nouveau le déplacement après un an d’absence. D’autres marchands sont là pour la première fois comme Grégory Chesne. Quant à Didier Claes, c’est peut-être sa dernière édition, lui qui a décidé de quitter le Sablon pour s’installer dans le quartier Louise, celui des galeries d’art contemporain de Bruxelles. Il participera d’ailleurs en septembre à la Brussels Gallery Weekend, renonçant pour cette fois au Parcours des Mondes (Paris). Parmi les exposants présents, certains ont opté pour une exposition à thème. C’est le cas notamment de Congo Gallery qui, sous l’intitulé de « Masks in Congo », montre cinquante masques rituels venant de République démocratique du Congo, dont un beau masque Lwalwa. D’autres participants misent sur un objet phare, comme Joaquin Pecci qui dévoile un masque funéraire de la culture Chancai (Pérou).

La partie archéologie (Égypte, Grèce, Rome, Proche-Orient et Europe) comprend onze marchands, soit deux de moins que l’an passé. Les galeries parisiennes Cybèle et Tarantino ne sont pas revenues, alors que la galerie suisse Dr Robert R. Bigler vient pour la première fois. La galerie Akanthos (Anvers) présente un couvercle de sarcophage égyptien en bois alors que la galerie Haering (Allemagne) expose une amphore étrusco-corinthienne en terre cuite, à décor de sphinges affrontés, début du VIe siècle av. J.-C.

Quant à la troisième et plus récente entité (née en 2013), elle regroupe quatorze spécialistes en art asiatique (Inde, Himalaya, Asie centrale, Sud-Est asiatique, Chine, Japon), contre dix-sept en juin 2015. Gisèle Croës boude l’événement, alors que la galerie Orchid (Hongkong) y participe pour la première fois. Michael Woerner (Hongkong), qui expose également à la maison des architectes de Bruxelles un ensemble de vingt-cinq tapis tibétains, se focalise également sur l’une de ses spécialités, les bronzes du Sud-Est asiatique, montrant entre autres une candrasa (hallebarde rituelle) de Java, Ve-Ier siècle av. J.-C. quand la galerie Duchange et Riché (Bruxelles) présente de son côté une paire de jardinières de la famille rose, Chine, époque Qianlong, XVIIIe siècle.

Cultures

Du 8 au 12 juin, quartier du sablon, Bruxelles

www.cultures.brussels

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°458 du 27 mai 2016, avec le titre suivant : « Cultures », trois foires en une

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque