Collections privées et collections de marchands

Par Roxana Azimi · L'ŒIL

Le 1 mai 2004

La Belgique compte une dizaine de grandes collections d’arts dits « premiers ». Régulièrement citée en référence, celle du marchand Jef Vander Straete est visible sur rendez-vous. En 1952, Vander Straete achète son premier objet africain, une canne luba. Trois ans plus tard, il ouvre son musée privé à Lasne La Chapelle, à une heure de Bruxelles. Son fils René nourrit toujours la collection en se concentrant sur les armes. Autre figure incontournable, Baudouin de Grunne, fait ses premiers achats dans les années 1965. Les pièces phares de cet ensemble se sont vendues de gré à gré. D’après les rumeurs, neuf sculptures ont été cédées à François Pinault.
Le reste, la queue de la comète pour les mauvaises langues, s’est vendu 2,5 millions de dollars par l’entreprise de Sotheby’s en mai 2000. Le collectionneur-marchand Willy Mestach est aussi proposé en exemple. Il aurait récemment vendu sa collection au grand marchand belge Marc Léo Félix sous réserve d’usufruit. Celle-ci compte de superbes masques pende, lwalwa et ngbaka. On y trouve aussi une pagaie rapa, ex-collection Jacob Epstein, similaire à celle que Patrick Mestdagh a vendue en 1999. Quelques collections de marchands belges ont animé les ventes publiques françaises. Lors de la vente Bruno Conti en décembre dernier chez Artcurial, un masque lwalu du Congo a établi le record mondial de 219 900 euros. Dans la même vacation, une statue masculine bahutschwe boyo obtenait 275 880 euros. En 1997, la collection du marchand belge Jean-Pierre Jernander dispersée chez De Quay Lombrail avait aussi attiré les amateurs. Une statue ngbandi s’envolait alors pour plus d’un million de francs.
Certaines collections comptent aussi des objets océaniens, comme celle de Nelly Van Den Abeele, cédée en juin 2000 chez Christie’s Amsterdam. Dora Janssen, établie près d’Anvers, est l’une des plus grandes amatrices d’art précolombien en Europe. Mais la plupart des collections sont aujourd’hui hybrides.
Les marchands belges peuvent aussi difficilement miser sur les institutions locales qui, faute de crédits, sont peu actives. Plus proche de l’institut de recherche que du musée et déjà fort bien doté, le domaine de Tervuren achète avec parcimonie. En septembre 2002, dans la vente de l’explorateur Henry Morton Stanley chez Christie’s à Londres, l’association Bruneaf a acheté pour Tervuren des albums photos que le musée convoitait.
Un exemple de saine coopération entre musées et marchands.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°558 du 1 mai 2004, avec le titre suivant : Collections privées et collections de marchands

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