Mercredi 26 janvier 2022

Collection Jacques Dupin chez Christie’s

La collection de Jacques Dupin domine la vente d’art impressionniste et moderne

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 21 mai 2013 - 558 mots

PARIS - Estimée de 7,6 à 10,9 millions d’euros, la vente d’art impressionniste et moderne proposée par Christie’s le 28 mai compte quelques trésors.

Parmi ces 56 lots, la collection de Jacques Dupin disparu fin 2012 a une aura particulière, tant par la qualité des pièces dispersées que par la relation spéciale que le poète entretenait avec les créateurs des œuvres présentées. Arrivé à Paris peu après la Seconde Guerre mondiale, Jacques Dupin est l’auteur d’une importante œuvre poétique, préfacée par René Char et traduite par Paul Auster. Sans jamais renoncer à cette vocation, il rejoint en 1955 la galerie Maeght. Il en prend la direction en 1981, aux côtés de Daniel Lelong et Jean Frémont, présentant les œuvres de Bacon, Calder, ou Chagall, mais aussi de Giacometti ou Miró, sur lesquels il écrit essais et articles. Il rédige ainsi la principale monographie du catalan en 1993, de même que son catalogue raisonné. Aussi, c’est à la fois comme ami, critique, biographe et galeriste que Jacques Dupin a côtoyé ces deux artistes dont cinq œuvres sont proposées par Christie’s.

Les trésors du poète
Clou de la vente, Tête Noire, visage spectral d’Alberto Giacometti, est estimé de 1,8 à 2,5 millions d’euros. Datée de 1958, l’huile sur toile a fait partie de la rétrospective consacrée à l’artiste au Centre Pompidou. Quant à Femme debout (1947), bronze estimé de 400 000 à 600 000 euros, il constitue les prémices des figures étirées de l’artiste. Sont également présentées trois œuvres de Joan Miró des années 1970, une période de l’artiste très appréciée par Jacques Dupin. Femmes et oiseaux dans la nuit (1970), estimée de 500 000 à 700 000 euros, fait d’un emballage plastique le point de départ d’un visage féminin. « Miro n’a jamais cessé de travailler sur des matériaux imprévisibles qui lui permettaient de se libérer des habitudes et des scléroses », commentait le poète en 2001. Les deux autres œuvres, grands dessins à l’encre et au crayon gras éclaboussés d’aquarelle, sont proposées entre 200 000 et 300 000 euros. Parmi les lots ne relevant pas de la collection Dupin, on note une épreuve du mythique Baiser d’Auguste Rodin, estimée entre 800 000 et 1,2 million d’euros. Elle a précédemment été achetée 741 000 euros en 2008 chez Sotheby’s à New York. Alberto Giacometti est à nouveau sur l’estrade avec Nature morte dans l’escalier, (est. 300 000-500 000 euros), qui date de sa rupture avec le surréalisme. Au bord de la mer de Paul Delvaux mêle architecture classique et nus féminins dans une évocation des maîtres de la Renaissance (est. 500 000 à 700 000 euros). Enfin, une vue panoramique de Venise d’Eugène Boudin datant des dernières années de l’artiste est proposée de 600 000 à 900 000 euros. La dispersion de la suite de la collection Dupin se poursuivra le 4 juin avec la mise en vente de Painting March 1985 de Francis Bacon pour une estimation de 4 à 6 millions d’euros.

Art impressionniste et moderne

Expert : Pierre-Emmanuel Martin Vivier
Estimation : 7 572 000 à 10 948 000 €
Nombre de lots : 56

Légende photo

Joan Miró - Femmes et oiseaux dans la nuit - 6 juillet 1970, huile et gouache sur plastique, 137,2 x 73,6 cm - Vente du 28 mai chez Christie's, Paris. Estimation : 500 000/ 700 000 € - © Photo Christie's Images Ltd.

Art impressionniste et moderne

Le 28 mai à 16h, chez Christie’s, 9, avenue Matignon, 75008 Paris ; exposition publique : samedi 25 mai 10h-18h, dimanche 26 mai 14h-18h, lundi 27 mai 10h-18h, mardi 28 mai 10h-12h, www.christies.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°392 du 24 mai 2013, avec le titre suivant : Collection Jacques Dupin chez Christie’s

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