Vendredi 20 septembre 2019

Christian Béalu, antiquaire, fondateur et organisateur du Parcours de la céramique et des arts du feu, Paris

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 7 septembre 2010 - 639 mots

PARIS

« Il y a toujours de nouveaux collectionneurs ».

Le 3e Parcours de la céramique et des arts du feu démarre le 14 septembre à Paris, en même temps que la Biennale des antiquaires. Comment se présente-t-il ?
Nous sommes quatorze exposants parisiens de l’Association des spécialistes de la céramique de collection, reconnus pour leur niveau de qualité et d’exigence, à présenter, du 14 au 19 septembre, une sélection de pièces préalablement visées par un comité d’experts. Nous sommes regroupés exclusivement sur le Carré Rive Gauche et le Louvre des antiquaires [à Paris]. Pendant ces six jours, nous nous attendons à une synergie culturelle et commerciale de premier plan, grâce à la conjonction avec la Biennale des antiquaires [lire p. 40] et le Parcours des mondes [lire p. 41].

Votre manifestation n’a pas toujours eu la forme d’un parcours…
Nous avions lancé, en 1997, un salon qui avait lieu tous les deux ans, les années de non-biennale, à l’hôtel Dassault. Après trois éditions, la maison de ventes Artcurial a intégré les lieux. En 2003, nous avons rejoint le Salon du collectionneur, organisé par le SNA [Syndicat national des antiquaires]. La céramique a été un pôle phare de ce salon. Mais notre manque d’indépendance vis-à-vis du SNA nous a contraints à arrêter après deux participations. En 2007, nous nous sommes installés dans le prestigieux hôtel particulier Amelot de Gournay. La crise arrivant, nous ne disposions plus de sponsor pour poursuivre cette aventure dans ce lieu merveilleux. L’année suivante, nous avons transformé notre salon biennal en parcours annuel, en nous inspirant du Parcours des mondes. Cette formule nous paraît aujourd’hui la meilleure. À la Biennale des antiquaires, il n’y a pas d’antiquaire spécialisé en céramique pour la bonne et simple raison que cela constituerait un investissement trop onéreux pour chacun d’entre nous. 

Comment se porte le marché de la céramique ancienne ?
Les collectionneurs recherchent en priorité les pièces de qualité. Une majolique italienne du XVIe siècle a dépassé le million d’euros à Paris, chez Christie’s, en décembre 2009. La collection d’un amateur de faïences de Rouen a obtenu des prix importants en juin 2008, à Paris, chez Sotheby’s. Les faïences de Moustiers et de Marseille marchent aussi bien. Pour la porcelaine chinoise d’exportation, les décors dits « à la Pompadour » et « à la feuille de tabac » sont particulièrement recherchés, tandis que les décors « au paon » séduisent le marché latino-américain. Très décoratives, les parties de service (au moins une cinquantaine de pièces, incluant des pièces de forme) font recette auprès des décorateurs et des châtelains. 

Quelles particularités offrira le Parcours de la céramique 2010 ?
Durant ce parcours, nous avons organisé un cycle de conférences pour renouer avec l’esprit culturel des salons précédents. L’autre nouveauté est la sélection de coups de cœur par six personnalités et collectionneurs présents à ce rendez-vous, tels Antoinette Hallé, Pierre Rosenberg et Marc Fumaroli.

Pourquoi votre parcours n’intègre-t-il pas la céramique contemporaine ?
Nous avions invité quelques confrères spécialisés en céramique contemporaine. Mais ceux-ci ont décliné l’offre, considérant que nous n’avions pas la même clientèle. J’ai cependant pu remarquer que, si les amateurs d’art contemporain sont peu sensibles à l’art ancien, certains collectionneurs de céramique ancienne s’intéressent à la céramique contemporaine. 

Quel est l’avenir de votre profession, qui compte de moins en moins d’antiquaires dans votre spécialité ?
C’est vrai que le nombre de professionnels dans notre spécialité tend à se réduire. Mais je suis confiant pour l’avenir, car il y a toujours des amateurs et même des nouveaux collectionneurs. Ces derniers arrivent souvent à la collection avec une aisance financière et une maturité culturelle.

3e Parcours de la céramique et des arts du feu, du 14 au 19 septembre, galeries du Carré Rive Gauche et du Louvre des antiquaires, Paris. Rens. au 01 45 48 46 53 ou sur www.franceantiq.fr/siccaf

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°330 du 10 septembre 2010, avec le titre suivant : Christian Béalu, antiquaire, fondateur et organisateur du Parcours de la céramique et des arts du feu, Paris

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