Vendredi 21 février 2020

Hommage

Catherine Putman et ses artistes

Par Henri-François Debailleux · Le Journal des Arts

Le 8 décembre 2015 - 517 mots

À l’occasion des 10 ans de sa création, la galerie rend compte du travail de sa fondatrice en conviant tous ceux qu’elle a soutenus.

PARIS - En septembre 2005, Catherine Putman inaugurait sa galerie, au 40 de la rue Quincampoix, à deux pas du Centre Pompidou. Elle n’en profitera pas beaucoup puisqu’elle décédera en janvier 2009. Éléonore Chatin, sa collaboratrice depuis le début, devenue sa belle-fille, va alors reprendre le flambeau pour perpétuer l’activité et continuer, tout en s’ouvrant à de nouveaux choix, à faire vivre un fonds important. Car bien avant d’ouvrir son espace, Catherine Putman (née en 1940) était éditrice d’estampes. Cette passion avait commencé par une autre, vouée à Jacques Putman, qu’elle avait rencontré en 1975, épousé en 1986, et dont elle avait eu un fils, en 1981.

D’origine belge, issu de la même génération que Pierre Alechinsky avec qui il était très ami – ils ont d’ailleurs beaucoup travaillé ensemble –, Jacques Putman (1926-1994) était en effet un critique d’art, un grand éditeur et le plus important défenseur de l’œuvre de Bram Van Velde. C’est lui qui, dans les années 1960, avait réalisé, avec Andrée Putman, sa femme à l’époque, les fameuses estampes des « Suites Prisunic », des lithographies et gravures tirées à 300 exemplaires et vendues 100 francs. Parmi celles-ci, Requiem pour une feuille morte, de Jean Tinguely, figure en rappel dans l’actuelle exposition qu’Éléonore Chatin a organisée à l’occasion du 10e anniversaire de la galerie. Elle a également sélectionné une planche de Bram Van Velde.

En pensant à Catherine Putman
Mais à côté de ces œuvres historiques, la directrice a sollicité les artistes que Catherine Putman avait soutenus. Certains ont spécialement réalisé une œuvre, comme Bernard Moninot avec un dessin au crayon de couleur et graphite d’un mécanisme d’horloge, métaphore du temps faisant tourner les lettres du prénom « Catherine ». De même, Claude Viallat a exécuté une peinture sur carton, et Pierre Buraglio a peint une aquarelle avec une tache bleue qui rappelle la silhouette de Catherine Putman.
D’autres artistes ont choisi dans leur atelier une œuvre évocatrice de la relation qu’ils entretenaient avec la galeriste. Alechinsky a ainsi apporté une peinture à l’acrylique sur papier qu’il a faite le jour même de la mort de Catherine, Georg Baselitz a envoyé un lavis d’encre et aquarelle au titre explicite, Les Grands Amis. Geneviève Asse a opté pour une Déchirure bleue. Georges Rousse a retrouvé, lui, une aquarelle de 1981, pensée pour un projet à l’hôpital Van-Gogh d’Arles, la ville natale de celle qui, passionnée par les estampes, avait finalement décidé d’ouvrir sa galerie à toutes les œuvres sur papier. Au total, 35 œuvres réalisées par une vingtaine d’artistes ont été accrochées, quelquefois sous des thèmes (le noir et blanc, la féminité…), par Vincent Huguet et Martin Kiefer, commissaires de l’exposition ; leurs prix vont de 300 euros pour une petite héliogravure de Jean-Pierre Pincemin à 37 000 euros pour l’aquarelle de Baselitz. Mais certaines ne sont pas à vendre.

Entre eux et moi

Nombre d’artistes : 22
Nombre d’œuvres : 35
Prix : entre 300 et 37 000 €

Entre Eux et Moi

Jusqu’au 16 janvier 2016, Galerie Catherine Putman, 40, rue Quincampoix, 75004 Paris, tél. 01 45 55 23 06, www.catherineputman.com, du mardi au samedi 14h-19h.

Légende photo
Pierre Alechinsky, En pensant à Catherine, comme elle partait..., 2009, acrylique sur papier, 74 x 73 cm. © Pierre Alechinsky, courtesy Galerie Catherine Putman, Paris.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°447 du 11 décembre 2015, avec le titre suivant : Catherine Putman et ses artistes

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