Autoportrait de Van Eyck

L'ŒIL

Le 1 juillet 2002

Jan Van Eyck, le peintre flamand, a cessé de percevoir les couleurs. A la suite d’une agression, il ne distingue plus le monde que sous la forme d’un camaïeu de nuances grises. Abandonnant ses pinceaux, il se saisit d’une plume et d’un parchemin pour écrire l’histoire de sa vie, sa traversée d’un temps tumultueux où se construit l’idéal de la Renaissance. On ne peut qu’applaudir au talent avec lequel Elisabeth Belorgey restitue l’atmosphère et les préoccupations de ce XVe siècle charnière et cerne la problématique  de la place de l’artiste dans une société d’aristocrates guerriers. Choisir Van Eyck, surtout, dont la vie, pleine d’ombres mystérieuses, est à elle seule un matériau romanesque, était judicieux. Cet homme longtemps solitaire fut-il l’espion de Philippe Le Bon ? Ses voyages répétés, en fait des missions secrètes, le menèrent-ils jusqu’en Terre Sainte ? Quant à son œuvre, on sait qu’elle regorge de symboles, de rébus cachés, de clins d’œil dont le sens est à jamais perdu pour nos esprits modernes. Oui, l’Homme au turban rouge, le maître du Als ich kann – sa devise – méritait bien qu’on lui consacre un roman.

Elisabeth Belorgey, Autoportrait de Van Eyck, éd. Le Livre de Poche, Paris, 2000.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°538 du 1 juillet 2002, avec le titre suivant : Autoportrait de Van Eyck

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