Vendredi 22 novembre 2019

Antiquaire

Au Carré Rive Gauche, de l’audace, toujours de l’audace

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 30 mai 2013 - 708 mots

PARIS [30.05.13] – Du 31 mai au 1er juin, les galeries de la Rive Gauche ouvrent leur porte et présentent « Carrément audacieux », la 36e édition de la fête annuelle du Carré Rive Gauche autour d’un thème commun, l’audace.

En 1977, des antiquaires installés au cœur du 7e arrondissement créent une association, le Carré Rive Gauche, avec l’idée d’organiser un évènement commun pour faire la promotion de leur quartier. Depuis, une fois par an pendant 5 jours, puis maintenant 3 pour rendre l’évènement plus compact, les galeries ouvrent grand leur porte, rassemblées sous un thème commun.

Axé d’abord sur « l’objet extraordinaire », de nouveaux thèmes apparaissent au fil des ans : Carrément Rouge, Carrément Sauvage… et cette année, Carrément audacieux. « Audace, mère de tous les succès ! Ce n’est pas un thème évident mais nous souhaitions que les marchands se remettent en question et dénichent des pièces sortant de l’ordinaire en termes de qualité, de créativité mais aussi visuellement avec une présentation hors norme », explique William Vonthron, le président du Carré. « Nous voulons réaffirmer le caractère vivant et dynamique du quartier, ce quartier à l’aspect unique dont l’intérêt réside dans l’éclectisme -toutes les spécialités sont représentées- la gamme de prix très large et la volonté d’excellence, avec plus de 50% des marchands appartenant à une chambre d’experts, gage de qualité et de confiance pour la clientèle », poursuit-il.

Le vernissage a lieu la veille du début officiel de la manifestation, « c’est un vernissage privé pour privilégier la clientèle du Carré. Chaque galerie envoie ses invitations, plus de 60 000 », précise William Vonthron. Certains galeristes le déplorent : « le vernissage, c’est ce qui plait aux gens, ça amènerait plus de monde », commente l’un d’entre eux. Le Carré rétorque qu’il veut éviter les « hirondelles »

Une centaine d’adhérents, sur un total de 130 galeries, propose donc, chacun dans sa spécialité, des œuvres se voulant audacieuses, soit de par leur forme, leur thème, la technique ou la matière employées, tout simplement audacieuses pour leur époque.

La galerie des Modernes ne réunit que des nus, « une thématique qui trouble encore de nos jours », avec La Ronde d’Emile Othon Friesz, présentée au Salon d’Automne de 1922 (115 000 euros) et la maquette en bronze du Défi du Soleil (1985) de Gérard Garouste, tout juste installé dans le Parc de Saint-Cloud. La galerie Wanecq met en avant un rare lit de repos Louis XIV d’une grande modernité et un Nu accroupi d’Henri Lebasque (1928), un sujet jadis outrageux.

Dans le cadre de son exposition sur les bijoux d’hommes, la galerie miniMasterpiece présente Oscillations, une étonnante broche digitale animée (2 000 euros), de Miguel Chevalier en collaboration avec Nubi (bijoux numérique). A la galerie Mougin, on s’attarde sur une création d’André Dubreuil, la Lampe 2 continents (2013), assemblage d’un masque Baoulé et d’une porcelaine blanche de Chine (8 000 euros). Chez Lafon-Vosseler, l’œuvre audacieuse est la Sitting Machine, de Joseph Hoffmann éditée en 1906, siège d’une absolue modernité alors que l’Art Nouveau bat son plein (25 000 euros). La galerie Béalu, présente un Magot assis en porcelaine de Mennecy, milieu du XVIIIe, présenté dans un cercle, comme s’il planait.

Pour Christian Béalu, « cet évènement, ce thème, nous fait remuer, on joue le jeu. Et puis beaucoup de conservateurs seront présents ». La galerie Silbereis montre un Torse de Wayne Fischer en porcelaine émaillée et sablée, 1989, évoquant l’épiderme humain (22 000 euros). « Cette manifestation est une manière de toucher, à travers la fête, une nouvelle clientèle », selon Jean-Luc Silbereis. Gabielle Larroche met à l’honneur une exceptionnelle boiserie de réfectoire italien en noyer, daté 1567, provenant du Metropolitan Museum de New York, audacieuse tant par ses dimensions que par ce qu’elle représente. Quant à Cristina Ortega, pour présenter un minuscule poids de natte en forme de bélier enroulé sur lui-même, de la dynastie Han (Chine, 206 av - 220 ap. JC), elle recouvre entièrement le sol de sa galerie de gazon.

Si pour quelques galeristes, cet évènement n’a plus d’envergure et n’est plus festif comme autrefois, Cristina Ortega nuance : « ce n’est pas la qualité de la manifestation qui a changé mais de nouveaux objets et goûts ont éclos ».

Carré Rive Gauche

Du 31 mai au 1er juin, 11h-19h, vernissage le 30 mai 18h-22h, quai Voltaire, rue des Saints-Pères, Université, Bac, Beaune, Verneuil, Lille, Allent, 75007 Paris, www.carrerivegauche.com

Légende photo :
Logo du Carré Rive Gauche

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