Foire

Art Brussels maintient le cap

Par Pauline Vidal · Le Journal des Arts

Le 27 avril 2017 - 841 mots

BRUXELLES / BELGIQUE

Malgré un contexte socio-économique qui n’a rien d’euphorique, la deuxième édition de la foire belge dans la vaste halle de Tour et Taxis continue de séduire les collectionneurs,pour la majorité franco-belges, avec des propositions très variées.

BRUXELLES - Depuis l’an dernier, Art Brussels doit faire face à l’implantation d’une nouvelle pousse new-yorkaise, l’Independent Fair. « Très prometteuse, cette arrivée soulève toutefois la question de savoir si le marché belge est véritablement capable d’absorber une telle quantité d’œuvres », souligne Meessen De Clercq, qui a participé en 2016 aux deux manifestations. Et il n’est pas certain que la réponse soit positive, à regarder les résultats en demi-teinte d’Independent Fair de l’an dernier et de cette année.

Finalement, Art Brussels tire son épingle du jeu. Bien que moins branchée que sa concurrente, elle propose un plus large spectre d’œuvres et peut-être est-ce là un gage de pérennité… Sans compter la fidélité de nombreuses enseignes belges qui, devant faire un choix, font celui d’Art Brussels, où elles fonctionnent très bien. Ainsi de Sorry We’re closed, qui a vendu quasiment la totalité des pièces de son solo show consacré au jeune Américain Josh Sperling. C’est aussi le cas de Meessen De Clercq, qui présentait notamment des œuvres de Benoît Maire, lauréat du prix du solo show de la foire, et des œuvres du Prix du public de la jeune peinture belge de cette année, Maarten Vanden Eynde. Autre fidèle de la manifestation et membre du comité de sélection, Albert Baronian a, quant à lui, très bien vendu ses jeunes artistes, comme le Belge d’origine syrienne Mekhitar Garabedian.

Une proposition plus lisible
Le déménagement à Tour et Taxis en 2016 a permis à la foire de monter en qualité et de gagner en confort. Cette année, les nouveaux aménagements apportés par une agence d’architecte ont amélioré plus encore la circulation et la lisibilité du salon, qui baigne en outre dans une lumière naturelle des plus agréables. La section Discovery, installée non plus au centre, mais dans une aile, était relativement sage, mais de bonne tenue. On a pu découvrir le stand tout en délicatesse de la jeune galerie bruxelloise Dauwens & Beernaert, qui faisait dialoguer des toiles de Marco De Sanctis et des photographies d’Adam Vackar. La Française Allen avait opté pour un univers plus domestique avec Laetitia Badaut-Haussmann et Linus Bill  Adrien Horni. Chez la Praguoise Drdova, Barbora Kleinhamplova proposait une réflexion sur la « société de la fatigue », tandis que le lauréat du prix de la section Discovery, le Bruxellois Harlan Levey Projects, exposait Elli Littwitz, dont l’installation trouva un acquéreur américain dès la première heure.

Art Brussels n’est pas connu pour sa frénésie, mais cette année, plus encore qu’auparavant, le démarrage fut assez lent. Pour autant, d’Alain Servais à Mimi Dussolier en passant par Bruno Van Lierde, les collectionneurs belges étaient tous là, ainsi que les membres de l’Adiaf (association pour la diffusion internationale de l’art français), mais aussi la directice du Stedelijk Museum d’Amsterdam et quelques (très discrets) collectionneurs américains.

Les galeries françaises disposant d’une antenne bruxelloise sont reparties relativement satisfaites. Michel Rein a notamment cédé une toute nouvelle toile de Farah Atassi et à un collectionneur belge, une vidéo désenchantée d’Enrique Ramírez. Obadia et Templon ont également fait une bonne édition, la première avec, entre autres, des pièces de Laure Prouvost et le second avec des toiles de l’artiste africain Omar Ba, qui connaît un succès international et dont deux œuvres sont parties dès la première heure.

Concernant les galeries étrangères à la Belgique, les résultats sont plus inégaux. Skopia (Genève) n’a pas réussi à trouver acquéreur pour ses très belles œuvres de Franz Erhard Walther des années 1980, pourtant connu des Belges, notamment suite à son exposition au Wiels, en 2014. De même, pour les photos d’Helena Almeida, qui métamorphose ses mains en pieds, présentées par la Portugaise Filomena Soares.

Succès des sculptures
Côté français, Sémiose se réjouissait d’avoir pu nouer des contacts décisifs avec des institutions. Faisant dialoguer les peintures vénéneuses de Françoise Pétrovitch avec des œuvres grinçantes de Présence Panchounette, la galerie a vendu les deux. Notamment, une valise évoquant l’histoire du colonialisme, imaginée par ce collectif d’artistes et cédée à des Français. Ceysson & Bénétière a profité de l’occasion pour montrer ses nouvelles recrues installées tout récemment à Bruxelles, David Raffini et Florian Pugnaire, en parallèle avec des plus anciens comme Cane, Viallat et Bernard Venet, qui ont tous bien marché. Suzanne Tarasiève s’est départie de deux sculptures de Markus Lüpertz, et Éric Dupont des œuvres de Paul Pagk, qu’il représente depuis ses débuts. Niki de Saint Phalle, présentée par Jean-Gabriel Mitterrand, a semble-t-il aussi séduit de nombreux collectionneurs belges. C’est en outre le cas de David Nash chez Lelong. Nathalie Berghege-Compoint de la galerie confiait : « Nous apportons ici beaucoup de sculptures, car les collectionneurs belges possèdent souvent des jardins dans lesquels ils aiment les installer. » Et d’ajouter, ravie : « le dernier jour, nous avons aussi vendu dix eaux-fortes réhaussées à l’aquarelle d’Aleschinsky ». « Ce qui est agréable avec Art Brussels, c’est que, contrairement à d’autres foires, il se passe des choses même le week-end », conclut-elle.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°478 du 28 avril 2017, avec le titre suivant : Art Brussels maintient le cap

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