Trois questions à

Antoine Laurentin, marchand de tableaux et dessins des XIXe et XXe siècles

« La flânerie n’est plus l’état d’esprit du moment »

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 19 mars 2004 - 392 mots

Que pensez-vous du marché actuellement ?
Il est très sélectif. Tout ce qui est convenu se vend moins bien depuis longtemps. Par contre, il y a une demande pour les œuvres de grande rareté, d’un intérêt historique évident ou d’une certaine originalité pour lesquelles les prix sont soutenus. Tout le problème est de les trouver. J’ai noté également un grand succès des foires et salons parce que les collectionneurs veulent tout avoir sous la main. Ils se déplacent de moins en moins dans les galeries, exception faite à l’occasion d’expositions particulières. Mais la flânerie n’est plus l’état d’esprit du moment.

Quelle œuvre vous a touché dernièrement ?
Hors du champ des tableaux, dessins et sculptures, c’est-à-dire loin de mon activité, j’ai personnellement acquis un gros album de photographies constitué par un membre de la famille Halévy, qui est un hommage à Offenbach. C’est un ensemble de photos réalisées par les meilleurs photographes de l’époque (Nadar, Carjat, Disdéri…) montrant les comédiens en costumes de scène lors des premières des opéras-bouffes d’Offenbach dans les années 1850-1860, soit du vivant du compositeur. Les costumes sont extraordinaires : en ce temps, on n’avait pas peur du ridicule ! C’est là toute la fantaisie d’Offenbach sous le Second Empire.

Quelle est votre actualité ?
Le 5 avril, je déménage de la rue Sainte-Anne où je me suis établi il y a treize ans, au 23, quai Voltaire (ex-galerie Revillon d’Apreval), dans le 7e arrondissement. Cela faisait longtemps que je cherchais un nouvel emplacement, soit rive Gauche, soit du côté du Faubourg Saint-Honoré, les deux grands pôles d’attraction du marché. Les amateurs de passage à Paris s’y rendent spontanément. J’ai bien eu des opportunités mais rien qui me convenait : je ne voulais pas changer pour plus petit que ce que j’avais. Quai Voltaire, je dispose à présent de plus de 150 m2, soit plus de trois fois ma superficie antérieure. Je peux ainsi concentrer mes réserves, ma bibliothèque et augmenter ma surface d’exposition. Mon exposition inaugurale aura lieu en juin au moment du Carré Rive Gauche. Mais je ne peux pas en parler pour l’instant. En attendant, j’ai prévu l’accrochage d’une sélection de dessins et aquarelles de Maurice Denis, Pierre Bonnard et Marie Laurencin, plus quelques œuvres plus contemporaines à l’exemple d’une composition abstraite à l’huile sur papier de Geneviève Asse et d’une aquarelle de Bretagne signée Jean Bazaine.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°189 du 19 mars 2004, avec le titre suivant : Antoine Laurentin, marchand de tableaux et dessins des XIXe et XXe siècles

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