Akram Ojjeh, de Van Gogh à Weisweiler

L'ŒIL

Le 1 novembre 1999

Il faudra cinq vacations, réparties entre New York, Monaco et Londres, pour disperser les collections de l’amateur saoudien Akram Ojjeh.

Rassemblées au cours des années 70, elles se caractérisent par des objets de la plus haute qualité, tableaux anciens et modernes ou mobilier français du XVIIIe siècle.
La pièce phare de cet ensemble est une œuvre de Vincent Van Gogh, Le Pont de Trinquetaille, dont l’estimation se monte à 90/120 MF. Arrivé à Arles en 1888, Van Gogh connaît une période de créativité intense. Abandonnant l’impressionnisme, il tente de traduire les passions humaines en exaltant la couleur, et cherche à introduire dans sa peinture des thèmes modernes et urbains. Spécialement représentatif de cette période, Le Pont de Trinquetaille montre un pont en fer construit en 1875 pour relier la ville d’Arles à un faubourg situé de l’autre côté du Rhône, animé de personnages en mouvement. Ce tableau a figuré dans plusieurs collections américaines au cours du XXe siècle. Représentés en nombre, les tableaux impressionnistes alignent les signatures de Renoir, Monet, Pissarro ou Sisley. Daté de 1880, Coucher de soleil à Lavacourt de Claude Monet est annoncé autour de 10/15 MF, Place Saint-Lazare de Camille Pissarro 8/11 MF, Géraniums dans une bassine de cuivre de Renoir 15/18 MF. Parmi les tableaux du XXe siècle figure un Picasso de la très convoitée période bleue, daté de 1901, dont on attend également 15 à 18 MF. Tous ces chefs-d’œuvre passent en vente à New York le 8 novembre.
Les tableaux anciens sont vendus à Londres le 17 décembre. Dans cette catégorie, la pièce maîtresse, une étude du célèbre tableau de Fragonard Le Verrou (estimé 9/12 MF), voisine avec des œuvres de Pieter Breughel le jeune, Lacroix de Marseille et Nicolas Colombel. Grand amateur de mobilier français et d’objets d’art du XVIIIe, Akram Ojjeh a réuni des pièces réalisées par les plus grands ébénistes de cette époque : Charles-André Boulle, Jacques Dubois, Martin Carlin, Adam Weisweiler, Riesener et Jean-François Leleu, entre autres.
Elles sont proposées à Monaco le 11 décembre. Parmi les meubles les plus anciens se trouve une paire de consoles d’époque Louis XIV attribuées à Charles-André Boulle, en marqueterie de cuivre et d’ébène à décor complémentaire en « première partie » et « contrepartie » (5/7 MF). La pièce la plus originale se distingue par sa forme rare et son décor inédit. Il s’agit d’une commode dite à encoignures, c’est-à-dire dont les côtés sont évidés pour former deux encoignures, et ornés d’une marqueterie dans le goût de Boulle. La façade, constituée de panneaux et non de tiroirs, est ornée de cinq tableaux en pierres dures représentant des paysages marins agrémentés de personnages et animaux, le tout rehaussé de bronzes ciselés et dorés. D’époque Louis XVI, ce meuble porte les estampilles d’Adam Weisweiler et de Martin Carlin (15/25 MF).

NEW YORK, MONACO, LONDRES, Christie’s, 1er novembre-17 décembre. Renseignements : 01 40 76 85 88.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°511 du 1 novembre 1999, avec le titre suivant : Akram Ojjeh, de Van Gogh à Weisweiler

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