L’UNESCO débloque une aide d’urgence pour la préservation du patrimoine immatériel malien

Par Amélie Du Fretay · lejournaldesarts.fr

Le 4 novembre 2013 - 429 mots

PARIS [04.11.13] – Le Bureau du Comité Intergouvernemental pour la Sauvegarde du Patrimoine Immatériel a approuvé le 28 octobre 2013 l’allocation d’une aide d’urgence au Mali pour favoriser la préservation de son patrimoine immatériel.

Le Bureau du Comité Intergouvernemental pour la Sauvegarde du Patrimoine immatériel s’est réuni lundi 28 octobre 2013 au siège de l’UNESCO à Paris. Il a approuvé une demande d’aide d’urgence de 307 000 dollars pour la protection du patrimoine immatériel malien. Le projet vise à dresser un inventaire de ce patrimoine sur tout le territoire national en procédant en deux phases de 12 mois chacune.

A chaque phase correspond une zone géographique. La première s’étend au Nord du Mali, avec les régions de Gao, Kidal, et Tombouctou, jusqu’au centre est, avec celle de Mopti, dans la mesure où ce sont elles qui ont le plus souffert du conflit armé et de l’occupation. La deuxième zone couvre les régions du Sud, en particulier Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso.

Bien que l’on ait davantage en mémoire les dégâts matériels qu’ont subis ces régions, en particulier la destruction des 16 mausolées à Tombouctou et la disparition de plus de 4 200 manuscrits anciens, le patrimoine immatériel (connaissances et pratiques liées à la nature, traditions orales, chants, rituels et événements festifs, artisanat, pratique d’entretien des monuments) risque lui aussi de disparaître. De nombreuses manifestations culturelles et pratiques ancestrales ont été interrompues dans un climat de peur et d’avenir incertain. Le sentiment identitaire des différentes communautés aurait été profondément affecté par les destructions matérielles, parfois à forte valeur symbolique.

Ce projet est complémentaire de la Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), et pourrait bénéficier de son soutien logistique dans le cadre de son mandat d’ « Appui à la sauvegarde du Patrimoine Culturel ». Il comporte également un renforcement des capacités logistiques par la mise en place d’ateliers de formation à la méthode d’inventaire et prévoit une politique de sensibilisation aux actions par la création de deux pièces théâtrales, de sketchs, par la diffusion d’un film documentaire en langues tamashek, maure et sonrhaï, et enfin par la mise en place d’un programme radio.

Il doit être mis en œuvre par la Direction Nationale du Patrimoine Culturel (DPNC), le service technique chargé de la gestion du patrimoine culturel national au sein du ministère de la Culture. Une vingtaine de professionnels de plusieurs disciplines (historiens, archéologues, sociologues, archéologues, anthropologues, gestionnaires du patrimoine, animateurs socioculturels) y collabore.

L’assassinat des deux journalistes de RFI risque cependant de créer un sentiment d’insécurité peu propice au développement de cette assistance.

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