Samedi 7 décembre 2019

Luxembourg

L’odyssée kubrickienne de Giraud et Siboni

Casino Luxembourg, Forum d’art contemporain - Jusqu’au 15 avril 2018

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 26 mars 2018 - 331 mots

Fabien Giraud et Raphaël Siboni, qui ont débuté leur collaboration en 2007, reviennent au Casino Luxembourg pour présenter l’intégralité de la première saison de The Unmanned, que l’on peut traduire par « sans l’humain », l’informatique se chargeant de la tâche à accomplir.

Initié en 2014 lors d’une première exposition dans ce lieu transversal, The Unmanned est un projet au long cours prenant la forme d’une série composée de trois saisons ; cette manifestation se prolongera cette année au SF MoMA (États-Unis), à la Fondation d’entreprise Ricard à Paris, au Mona (Australie) et à la Galerie de l’UQAM du Canada. Pour ce duo prospectif, qui s’était fait remarquer en 2010 avec l’installation Superdome (une armée de Dark Vadors menaçants) dans le cadre de l’exposition « Dynasty » à Paris, le monde est un paysage fluide et liquide, « soft » au sens où l’entend la programmation informatique : rien ne se fixe ni ne perdure. Constituée de huit films, la première saison de The Unmanned retrace une histoire de l’informatique en se penchant sur l’invention du calcul moderne et les conséquences de son automatisation dans les machines. Démarrant le parcours avec une vidéo montrant au micro-scope une lame découpant du métal, le visiteur pénètre ensuite dans un long corridor doté de sept grands écrans diffusant simultanément sept films, aux images léchées, qui remontent à rebours l’histoire : cela démarre en 2045 avec la mort de Ray Kurzweil, qui promeut l’immortalité technologique, pour finir en 1542 avec l’arrivée des premiers conquistadors. Au final, si cette installation plastiquement superbe offre une expérience artistique inédite, une musique hypnotique et un flow kaléidoscopique de visuels poétiques faisant expérimenter une situation de décentrement face au spectacle de l’image, il faut tout de même avouer que sa narration éclatée, brassant large à la manière des cinéastes démiurgiques (Kubrick, Malick), est d’une telle ambition qu’on est un peu largués en cours de route…
 

« Fabien Giraud & Raphaël Siboni, 2045-1542 (A History of Computation) »,
Casino Luxembourg, Forum d’art contemporain, 41, rue Notre-Dame, Luxembourg, www.casino-luxembourg.lu

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°711 du 1 avril 2018, avec le titre suivant : L’odyssée kubrickienne de Giraud et Siboni

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