Samedi 17 novembre 2018

L'Institut français teste le rattachement sous sa tutelle de 12 postes culturels à l’étranger

Par Sophie Flouquet · lejournaldesarts.fr

Le 21 décembre 2011 - 467 mots

PARIS [21.12.11] - Dès janvier 2012, 12 postes culturels à l'étranger quitteront le giron des ambassades pour être pilotés directement par l'Institut français. Une expérimentation – réversible - prévue dans le cadre de la réforme du réseau culturel à l'étranger.

Une réforme à petit pas. Un an après sa création, l'Institut français entrera dans le vif du sujet dès le 1er janvier. Entériné au cours du second conseil d'administration du nouvel établissement public, tenu le 15 décembre à Paris, le lancement d'un embryon de reconfiguration du réseau culturel français à l'étranger entrera prochainement en vigueur.

Annoncé à titre expérimental, le rattachement de douze postes du réseau culturel à l'Institut français sera effectif l'an prochain au Cambodge, Chili, Danemark, Émirats arabes unis, Géorgie, Ghana, Grande-Bretagne, Inde, Koweït, Sénégal, Serbie, Singapour. La Syrie, citée dans l’arrêté du 6 janvier fixant la liste des postes participant à l'expérimentation, pays décrit devant les députés, en janvier 2011, par Xavier Darcos, président de l'Institut français, comme découlant « de nos intérêts stratégiques, au sein de l’Union pour la Méditerranée », a été finalement exclue du dispositif du fait des événements récents.

Si l'expérience de ce rattachement se révèle concluante, l'opération sera généralisée à tous les pays à compter du 1er janvier 2013. D'ici là, les élections présidentielles seront aussi passées par là. Pourquoi toutefois avancer si prudemment ? Lancée en 2009 par Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, l'ambitieuse réforme du réseau culturel français à l’étranger, finalement traduite par la loi du 27 juillet 2010, se sera heurtée à maintes résistances pour se muer, au final, en ce que d'aucuns ont qualifié de « réformette ». Le corps diplomatique n'aura en effet pas ménagé ses efforts pour s'opposer à cette intégration des activités culturelles au sein d'un organisme unique, piloté depuis Paris, arguant le risque de perdre par ce biais un rôle en la matière. Cela alors que la culture a toujours été considérée comme étant un élément clef de la « diplomatie d'influence ».

Le coût d'une telle réforme aura par ailleurs procuré des arguments à ses contempteurs. Car fédérer quelques 150 services de coopération et d’action culturelles et plus de 140 centres et instituts culturels sous la coupe d’une agence unique – devenue opérateur du seul ministère des Affaires étrangères et donc détachée de la tutelle de la Culture - n'a évidement rien d'une sinécure. Sans compter les 450 alliances françaises, pilotées par un organisme indépendant, qu'il faudra bien finir par associer un jour au nouvel opérateur. En 2012, l'Institut français sera doté pour amorcer cette mutation de quelque 65,5 millions d'euros – contre 30 millions pour l'ex-CulturesFrance, son ancêtre. 20,9 millions seront dédiés au budget de ces seuls 12 postes « expérimentaux », dont 7,9 millions provenant de leurs ressources propres.

Plus d'informations :

- sur le parcours de Xavier Darcos

- sur l'Institut français : www.institutfrancais.com

Légende photo

Xavier Darcos, président de l'Institut français - © photo Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé - 2009 - Licence CC BY-ND 2.0 

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