L’Hôtel de Ville de La Rochelle dévasté par un incendie

Par Margot Boutges · lejournaldesarts.fr

Le 1 juillet 2013 - 591 mots

LA ROCHELLE [01.07.13] - L’Hôtel de Ville de La Rochelle, bâti entre le XVe et le XIXe siècle et classé monument historique, a été ravagé par un incendie. Si la majeure partie des œuvres qu’il abrite a été sauvée, les structures de l’édifice ont été très fragilisées.

L’ouverture du festival international du film de La Rochelle a été assombrie par l’incendie de l’Hôtel de Ville le 28 juin 2013.

L’incendie, probablement causé par une défaillance électrique, s’est déclaré un peu avant 14h. Les flammes se sont propagées rapidement et ont dévasté la charpente et la toiture en ardoise du corps principal de l’édifice. Le feu, qui n’a fait aucune victime, n’a été éteint que le lendemain à l’aube. Des bâches vont être posées pour protéger les pièces des intempéries tandis que les structures porteuses sont en train d’être consolidées.

La salle des fêtes, édifiée au XVIe siècle et redécorée au XIXe siècle dans un style néo-Renaissance, a subi les plus lourds dommages. Placée sous les combles et noyée par les eaux, les poutres de son plafond menaçaient encore de s’effondrer le 30 juin, les risques s’atténuant de plus en plus d'heure en heure grâce à la pose d’étais.

Elus et employés municipaux, relayés par les pompiers, ont réussi à sauver la majeure partie des œuvres et du mobilier, notamment toutes les oeuvres classées.

Les objets témoignant du passé historique de la ville ont notamment pu être évacués tel le premier sceau de la ville datant de 1199 et la table et le fauteuil ayant – selon l’Histoire - appartenu à Jean Guiton, maire de la ville et héros du Grand Siège qui a opposé Richelieu à la cité protestante de 1627 à 1628.

Mobilier, sculptures et tableaux ont été transférés dans les Musées d’art et d‘histoire et autres structures municipales au cœur de la vieille ville. Si rien aucune œuvre ne semble avoir été dévorée par les flammes, l’eau et la chaleur ont endommagé plusieurs pièces. Une restauratrice est actuellement au travail.

Classé monument historique depuis 1861, l’hôtel de ville de La Rochelle témoigne d’une architecture composite : bâti entre le XVe siècle (mur d’enceinte crénelé gothique flamboyant) et le XVIe siècle (bâtiment principal Renaissance), il avait fait l’objet de lourdes restaurations et adjonctions (beffroi, escalier d’honneur…) au XIXe siècle.

La fin du mois de juillet aurait du amener la fin des travaux de restauration destinés à combattre la détérioration naturelle de la roche. Le dernier échafaudage du chantier, encore adossé contre la façade du bâtiment, a sans doute empêché le mur, aux pierres gonflées par la chaleur des flammes, de s’effondrer.

Veillé par la statue en bronze de Jean Guiton élevée au début du XXe siècle au centre de la place de l’hôtel de ville, l’édifice attend désormais d’être reconstruit. « Il sera restauré et restitué à l’identique », a déclaré Maxime Bono, maire de la ville.

Un chantier qui devrait selon lui mobiliser « plusieurs dizaines de millions d’euros » et cinq années de travaux selon Philippe Villeneuve, architecte en chef des Monuments Historiques, dépêché à La Rochelle le 29 juin et interrogé par le journal Sud-Ouest.

La municipalité a annoncé qu’elle allait ouvrir un compte pour recueillir des dons. Nombreux étaient les Rochelais à pleurer la destruction partielle d’un des monuments les plus emblématiques de la ville.

Légende photo

Mur d'enceinte de l'Hôtel de Ville de La Rochelle laissant apparaitre la toiture calcinée - Photo prise le 29 juin - © Photo Margot Boutges

Salle des fêtes de l'Hôtel de ville de La Rochelle avant l'incendie - © Mathieu Lacote

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