Dimanche 12 juillet 2020

Les vraies raisons des difficultés du Centre d’art contemporain de Brétigny

Par Christine Coste · lejournaldesarts.fr

Le 8 décembre 2014 - 874 mots

PARIS [08.12.14] - Le 1er janvier 2015 le Centre d’art contemporain de Brétigny sera sans équipe de direction et ne sera plus conventionné. Une situation surtout imputable à des manquements de la Direction générale à la création artistique du ministère et de la DRAC Ile-de-France.

Dans quelques jours, le 1er janvier 2015 le Centre d’art contemporain de Brétigny-sur-Orge (Essonne) n’aura plus de directeur et ne sera plus conventionné. Le contrat arrive en effet à échéance le 31 décembre 2014 et la seconde convention qui devait prendre le relais n’a pas fait l’objet de discussion entre ses signataires et financiers. La dotation publique s’élève en l’état à 395 858 € répartie entre la DRAC (63 370 €), l’agglomération du Val d’Orge, son plus important contributeur (243 468 €), le conseil général des Yvelines (47 000 €) et le conseil régional (15 000 €).

À compter du 1er janvier 2015, le CAC de Brétigny ne disposera pas davantage de direction ou même d’équipe de transition puisqu’à partir de cette date ne seront plus employées que deux personnes dont le contrat vient par ailleurs à échéance fin mars 2015.

Du côté de l’Agglomération du Val d’Orge et de la DRAC Ile-de-France, on affirme que cette situation ne remet pas en cause la pérennité du centre d’art ni son identité au sein d’une structure unique qui rassemble le centre d’art et la scène conventionnée. En revanche l’imbroglio actuel pose plusieurs questions.

Pourquoi l’évaluation des activités du centre d’art contemporain de Brétigny, du ressort de l’inspection de la création artistique de la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture et du service des arts plastiques de la DRAC Ile-de-France, n’a-t-elle pas été menée avant 1er juillet 2014, dernière année d’exécution de la convention, comme le stipule l’article 10 de la convention signée en 2011 entre l’État et l’agglomération du Val d’Orge ?

Pourquoi cette évaluation n’a-t-elle toujours pas été réalisée et ne le sera pas davantage au 31 décembre 2014, date de la fin de la première convention ? L’article 11 de cette même convention ne précise-t-il pas que « la conclusion éventuelle d’une nouvelle convention est subordonnée au dépôt des conclusions de l’évaluation » ? Pourquoi enfin après l’annonce fin septembre de la demande de mise en disponibilité de Pierre Bal-Blanc son directeur à compter du 31 décembre 2014, la procédure de recrutement d’un nouveau directeur n’a-t-elle pas été lancée par la DRAC alors qu’il appartient au directeur de définir les missions, les charges et les moyens du centre d’art dans un projet artistique et culturel avant qu’il ne fassent l’objet d’une convention pluri-annuelle ?

La première question, Marjolaine Rauze, vice-présidente de l’Agglomération du Val d’Orge en charge de la culture, « se l’est posée » dit-elle. Nommée dans ses fonctions à la suite des dernières élections municipales qui a reconduit Olivier Leonhardt (PS) à la présidence de l’agglomération, l’élue explique avoir fait « une demande de rendez-vous en mai juin à la DRAC justement pour parler de cette évaluation et discuter assez tôt de la deuxième convention avant l’échéance de la première convention. » « L’agglomération avait alerté la DRAC dès 2013 », poursuit-elle. « Bien que nous aurions préféré une rencontre en septembre, la rencontre fut fixée au 7 octobre. De plus nous n’étions pas dans l’optique que Pierre Bal-Blanc partirait. Nous l’avons appris juste avant d’entrer en réunion. La DRAC était informée. On s’est retrouvé pris au dépourvu. C’est cette situation qui a conduit avec la DRAC à dire que nous allions remettre tout à plat avant de nous revoir le 20 ou 27 janvier 2015. »

Et Marjorlaine Rauze de poursuivre : « Nous n’avons jamais voulu la fin du centre d’art contemporain. On nous fait un procès d’intention sans que soient évoquées les conditions de la renégociation de la convention avec la DRAC. Nous souhaitions avec le conseil régional et le conseil général disposer de deux conventions plutôt qu’une comme actuellement. La Drac nous a dit qu’elle n’en voulait pas. Mais nous n’en faisons pas un casus belli. » Interrogée, Véronique Chatenay-Dolto, directrice régionale de la DRAC Ile-de-France reconnaît que « la convention n’a pas été demandée ni réalisée. »

Appelé en janvier à rejoindre l’équipe de curateurs de la documenta 14 de Cassel, Pierre Bal-Blanc qui n’était pas invité à la réunion du 7 octobre contrairement là encore aux textes, précise de son côté « avoir remis en avril 2014 son auto évaluation 2011-2013 » et « de jamais avoir reçu aucun retour à sa demande d’une réunion de comité de suivi. J’ai été reçu par Jacques Bayle, inspecteur-coordinateur du collège arts plastiques ; je lui ai expliqué les raisons pour lesquelles il fallait mettre en route ce rapport d’inspection. Cette demande n’a pas été suivie d’effet pas davantage que les autres menées auprès de Véronique Chatenay-Dolto. »

« J’ai le sentiment d’être à l’abandon », se plaint Marjolaine Rauze. « Il y a des choses que l’on ne sait pas faire. » ce à quoi Véronique Chatenay-Dolto répond : « Pour l’instant, il nous faut être pragmatique. On aura une année de transition pour prendre le temps de l’évaluation et de fixer les objectifs. » Il faudra également pouvoir remobiliser les crédits pour l’année 2015. Cela est une autre question à résoudre.

Informations

Site Internet du CAC Brétigny : www.cacbretigny.com

Appel à soutien au CAC Brétigny : télécharger le PDF

Légende photo

Espace Jules Verne (Brétigny-sur-Orge) : médiathèque, théâtre, centre d'art contemporain © Photo Ascaron - 2009 - Licence CC BY-SA 3.0 

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