Les Rencontres d’Arles 2012 se tournent vers le passé

Par Thomas Bizien · lejournaldesarts.fr

Le 23 mars 2012 - 472 mots

PARIS [23.03.12] – Centrée sur le parcours d’anciens élèves de l’École nationale supérieure de la photographie, la programmation de la prochaine édition des Rencontres d’Arles célèbre trente années d’enseignement unanimement reconnues. PAR THOMAS BIZIEN

« Une approche résolument plus rétrospective et plus spécifiquement nationale ». C’est ainsi que le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a qualifié le programme de la 43e édition des Rencontres d’Arles. Au travers d’une soixantaine d’expositions monographiques, le festival se concentre cette année sur le travail d’enseignants et d’anciens élèves de l’École nationale de photographie d’Arles. À l’occasion du trentième anniversaire de l’école, les Rencontres souhaitent en effet témoigner du travail prospectif réalisé. Le titre retenu, « Une école française », résume d’ailleurs cette ambition.

Mais pourquoi avoir tant attendu pour célébrer le bilan d’une école unanimement reconnue ? « Trente ans, c’est le temps pour que s’épanouissent les talents de photographes » répond François Hébel, directeur des Rencontres. Le temps aussi que chacun puisse trouver sa voie propre, en dehors de l’influence des maîtres. À l’honneur des prochaines rencontres, Alain Desvergnes, Christian Milovanoff et Arnaud Claass, dont les méthodes d’enseignement ont marqué l’école, bénéficient chacun d’une exposition.

Côté élèves, les expositions monographiques consacrés aux anciens diplômés permettent de prendre conscience des points d’accord et de divergence d’une scène française. S’il est « difficile de généraliser une filiation » prévient François Hébel, un « certain rapport aux paysages » peut cependant être perçu. Les expositions de Valérie Jouve, Bruno Serralongue, et Grégoire Alexandre sont amenées à fournir des éclaircissements utiles sur cette question. Jean Christophe Béchet, Marina Gadonneix, Olivier Metzger ou encore Aurore Valade, récente lauréate du prix HSBC, sont également annoncés.

Aux côtés des anciens élèves de l’école d’Arles, les expositions d’Amos Gitai et de Sophie Calle sont particulièrement attendues. Annoncée comme élément marquant des prochaines Rencontres, la série des 109 photographies que Josef Koudelka a consacrée aux gens du voyage est pour la première fois amenée à être présentée dans son ensemble. Un travail inédit mené par Klavdij Sluban et Laurent Tixador aux îles Kerguelen sera aussi l’un des temps forts de l’événement.

Revenant sur l’édition 2011, Jean-Noël Jeanneney, président des Rencontres d’Arles, s’est félicité du « nouveau cap » franchi par la manifestation. 84 000 visiteurs l’auraient fréquentée l’année dernière, 11 000 de plus qu’en 2010. Pour poursuivre ce dynamisme, le président des Rencontres souhaite poursuivre les activités concomitantes aux expositions, telles « la Nuit de l’Année » qui propose aux médias d’afficher pour une nuit dans les rues d’Arles les travaux de leurs photo-reporters ou les « Portfolio Rewiews » qui permettent à des photographes amateurs de présenter leurs clichés à des experts. Des stages d’initiation ou de perfectionnement aux techniques de la photographie vont également prendre place au sein de la prochaine édition des Rencontres d’Arles.

Légende photo :

Aurore Valade, Le Seigneur des sentiments, série Ritratti, Turin, Italie, 2010. Avec l'aimable autorisation de Gagliardi Art System, Turin - © Photo : Rencontres Arles

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque